Votre expérience au service du patrimoine

Dans de nombreuses églises, les fabriciens veillent avec sérieux et dévouement sur un patrimoine mobilier riche et varié : orfèvrerie, textiles, statues, tableaux, livres… Ces objets font pleinement partie de la vie paroissiale. Ils ne sont pas seulement conservés, ils sont utilisés lors des célébrations, déplacés en fonction des temps liturgiques, rangés, parfois nettoyés. Et bien souvent, ce sont les membres de la fabrique qui prennent en charge ces gestes du quotidien, avec bonne volonté et sens des responsabilités.

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Un même artiste pour deux chemins de croix : une découverte entre Héron et Schaltin

Lors de l’inventaire du patrimoine de l’église de Schaltin, une surprise est apparue au détour des nefs : le chemin de croix qui y est conservé présente une parenté frappante avec celui de l’église de Héron.
Les deux ensembles, composés de quatorze stations retraçant la Passion du Christ, partagent un même style pictural, des compositions proches et une manière très reconnaissable de traiter les visages, les
drapés et les lumières.

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Informations révélées par l'observation des monuments funéraires (suite et fin de l'article sur Baillonville)

CROIX FUNÉRAIRE DE DOROTHÉE DE BORSUT

La croix funéraire de Dorothée de Borsut est actuellement située dans le porche, sur le mur du côté sud de l’église. Elle aurait été déplacée depuis le cimetière, conformément à l’arrêté Royal de 1922 qui autorisait le transfert de certaines sépultures à l’intérieur de l’édifice religieux. Faute de renseignements complémentaires sur cette sépulture, il est important de mentionner le texte gravé sur la croix, qui livre les informations essentielles concernant la défunte et son époux :

« ICY GIT HONETE FEMME DOROTHEE DE BORSUT EN SON TEMPS ESPEUSE HONNETE HOMME GASPARD DEM---RUCH DECEDE LE 5 DE 9 BRE 1661 ; PRIEZ DIEU POUR SON AME »

DALLE NON IDENTIFIÉE AVEC 2 BLASONS ET DATÉE DE 1669

Cette dalle, réalisée en calcaire de Meuse et mesurant 96 cm sur 43 cm, présente deux blasons surmontés d’une couronne. Sous ces armoiries, on distingue le visage d’un enfant, élément touchant qui attire immédiatement l’attention. Bien que les textes gravés aient été martelés et érodés par le temps, rendant toute lecture impossible, la présence du visage laisse supposer une sépulture enfantine.

En 1944, cette petite dalle se trouvait encore dans le cimetière, mais elle a par la suite été transférée sous le porche de l’église, côté sud, sur la ligne supérieure. Il est très probable qu’il s’agisse de la tombe d’une des filles de Denis Théodore de Waha et de Marie Marguerite de Hoensbroeck, dont le monument familial (n°8) est situé dans le chœur. Ce couple eut quatre filles, dont deux, Catherine et Claire, moururent en bas âge.

MONUMENT FUNÉRAIRE DE DENIS DE WAHA (1706) ET DE MARGUERITE DE HOENSBROECK (1676), AINSI QUE DE LOUIS DE LA TRAMERIE (1725) ET DE MARGUERITE ISABELLE-THÉRÈSE DE WAHA DE BAILLONVILLE

Cet édifice en calcaire de Meuse illustre deux générations : la première, représentée sur la partie supérieure, concerne Denis de Waha et Marie-Marguerite de Hoensbroeck de Geult, parents de deux filles qui furent les dernières à porter le nom de Waha-Baillonville, selon l’inscription. Denis de Waha fut le 19ème seigneur avant l’extinction de la lignée des de WAHA, et il est également à l’origine de la construction du monument. Celui-ci est situé sur le côté nord du chœur et comprend seize quartiers familiaux. À l’instar des autres dalles, ses blasons et inscriptions ont été martelés pendant la Révolution.

DALLE FUNÉRAIRE DE JEAN DE MARCHANT (1680)

Placée dans le porche sur le côté nord, elle est en calcaire de Meuse. Elle commémore maître Jean MARCHANT, vicaire de Baillonville depuis 1678 et au service des curés d’Heure et de Waillet. Elle fut placée en 1922 verticalement pour des raisons de disposition et de place sur le mur. On devine une hostie surmontée d’un Calice.

DALLE FUNÉRAIRE DE HUBERT JOSEPH BOREUX (1751)

Cette œuvre, réalisée en calcaire de Meuse, fut installée sur le côté sud du porche. Hubert Boreux exerçait la profession de marchand marbrier. Peu avant son décès, il transmit son entreprise à son fils, qui serait vraisemblablement l’auteur de cette pierre tombale. Les outils caractéristiques des marbriers—compas, crayon, équerre, rapporteur, entre autres—sont représentés dans la partie inférieure, accompagnés d’un crâne ailé et de deux os croisés. L’inscription gravée sur la dalle évoque un événement significatif, possiblement en lien avec sa carrière ou le contexte du décès : la construction d’un pont à Baillonville pour le prince-évêque.

DALLE FUNÉRAIRE DE PIERRE HUBERT FISSE (1773)

Réalisée en calcaire de Meuse, elle fut rentrée en 1922 sous le porche du coté nord. Elle commémore Pierre Hubert Fisse, conseiller de la cité de Liège, échevin d’Avroi et de Baillonville.

Au-dessus du texte reprenant tous ces renseignements, un blason couvre l’entièreté et laisse apparaitre une croix d’ancre. Il y avait-il un lien entre ce personnage et la marine ? Le symbole de l'ancre sur une pierre tombale représente généralement l'espoir ou la tranquillité éternelle. Au début du christianisme, l'ancre était parfois utilisée comme symbole secret. En franc-maçonnerie, elle symbolisait l'espoir profond et une vie bien remplie.

DALLE FUNERAIRE D’ANNE ROLEZ (1775)

Cette œuvre, réalisée en calcaire de Meuse, est située dans le porche nord de l’église. Elle rend hommage à Anne Rolez, épouse de Gille Dehaut de Marche en Famenne. Un blason surmontant l’inscription présente un animal doté de grandes griffes, suggérant la figure du griffon. En héraldique, ce dernier, hybride d’aigle (tête, cou, ailes et serres) et de lion (pattes et dos), incarne la force, la bravoure militaire et l’autorité. Le lion est considéré comme le roi des animaux, tandis que l’aigle occupe la même place parmi les oiseaux. La question demeure de savoir s’il existe une corrélation entre Anne Rolez et les attributs symboliques associés au griffon.

CROIX FUNÉRAIRE D’ANNE DACHOUF (1779) ET HUBERT SIMONIS (1802)

Il s’agit d’une dalle provenant du cimetière, transférée sous le porche nord de l’église en 1922. Selon Geneanet, la personne concernée est décédée en 1774 à Waillet. La dalle présente des marques sur les parties supérieures et inférieures du texte. Dans la zone effacée, le nom d’Hubert a été repris très négligemment avant celui de son épouse Anne. L’origine de cette modification ainsi que le rôle respectif de ces deux personnes à cette époque restent à préciser.

CROIX FUNÉRAIRE DE LÉONARD BUZIN (1804)

Cette croix a été déplacée du cimetière en 1922 et se trouve actuellement sur le côté nord sous le porche. Léonard Buzin, originaire de Rabozée, a exercé la fonction de curé à Frandeux (près de Rochefort) après avoir été vicaire à Baillonville, ainsi qu'à Heure et à Waillet de 1761 à 1765, périodes durant lesquelles Baillonville en dépendait.

CROIX FUNÉRAIRE DE CLAUDE DEVELETTE (1804)

C’est le seul monument funéraire ancien en pierre répertorié à ce jour à extérieur contre le mur du cimetière, du côté Est. Pour quelle raison n’est-il pas rentré sous le porche dans l’église, en 1922 comme les précédents ? Pas d’autres renseignements trouvés au sujet de ce prêtre, si ce n’est que le texte repris sur la croix :

 « D.O.M.  ICI REPOSE CLAUDE DEVELETTE EN SON VIVANT, PRESTE (forme ancienne de prêtre) TRÈS CHARITABLE, DÉCÉDÉ À BAILLONVILLE LE 22 MAI 1804. PRIEZ POUR SON ÂME ».

DALLE FUNÉRAIRE INCONNUE

Cette dalle est située à l’extérieur, au niveau du seuil de l’église sous le paillasson de l’entrée, et présente une forte usure due au temps. Elle aurait vraisemblablement été extraite des remblais installés autour de l’édifice. Bien que ses dimensions soient proches de celles de certaines dalles du chœur, aucun autre élément ne permet d’attester qu’elles daterait de l’époque de celles-ci. Les quelques traces à peine perceptibles suggèrent la présence de deux parties distinctes, mais ces observations demeurent hypothétiques.


Bibliographie :

André Vanoverschelde

Une troisième vie pour la chapelle Notre-Dame de Lourdres en l'église de Morialmé

La paroisse de Morialmé a, elle aussi, été frappée par l’engouement international, qui a suivi les apparitions de Lourdes en 1858. Dans le fond de l’église, une chapelle leur a été consacrée. On y trouve actuellement :

- un vitrail, datant de 1911, évoquant ces miracles, réalisé par la Maison Bary et Hintzen de Koekelberg et restauré en 2008 par l’Atelier d’Art d’Henri Dupont de Nivelles ;

- une statue classique de Notre Dame de Lourdes et une beaucoup plus petite de Sainte Bernadette ;

- un triptyque représentant Notre Dame du Perpétuel Secours, qui comme le chemin de croix, a été réalisé par l’Atelier Charles Beyart de Bruges et dont l’encadrement, dans le même style que les quatorze stations de la passion du Christ, a été confié au menuisier- ébéniste morialmétois Ernest BRICHAUX ;

- une marque circulaire au sol en béton, vestige de l’emplacement des fonts baptismaux avant le Concile Vatican II (1962-1965), alors que tous les non-baptisés, y compris les nourrissons, entraient dans l’église par la petite grille de cette chapelle.

Des tableaux provenant des autels latéraux du chœur ont été déménagés vers ce local, à l’occasion de travaux de peinture, afin de les mettre à l’abri de l’humidité ascendante des murs, due à la présence du ruisseau Girondiat et d’eaux souterraines.
L’endroit était autrefois beaucoup plus prestigieux. Dans son livre consacré à l’église de Morialmé, Raymond Reman mentionne qu’en 1913, les deux chapelles du fond de l’église ont été construites avec les autels, qui avaient été repris de l’ancienne église d’avant 1860. La chapelle de droite, en entrant dans l’église, avait été consacrée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Les pavés de granit bien réguliers, qui n’avaient pas été trop abîmés lors de l’incendie de 1909, ont été récupérés pour paver ces deux volumes.

Durant de nombreuses années, la chapelle de Notre Dame de Lourdes a servi d’entrepôt aux vivres distribués par l’association caritative saint Vincent de Paul.

En 2024, le Conseil de Fabrique a envisagé d’en faire une chapelle de semaine ou d’hiver pour plusieurs raisons : l’énorme volume à chauffer dans l’église en hiver, le coût de l’énergie en hausse, la pollution qui en découle, le nombre réduit de participants aux offices de la semaine - et la préservation du patrimoine et de tableaux présentant des sujets religieux. Le curé Auguste BASTIEN avait déjà émis cette idée en 1976.

Le tabernacle provient de la chapelle du Home Degrange de Florennes, qui a déménagé vers la Résidence des Ducs en 2022. Il s’agit d’un don de la paroisse de Florennes, par l’intermédiaire du Chanoine-Doyen Philippe Masson, partenaire du projet.

L’autel est celui des religieuses de la Doctrine chrétienne de Morialmé, hébergées dans les bâtiments de l’école sainte-Marie de 1975 à 1993.

A la fin de l’année 2025, la Fabrique d’église de Morialmé a reçu des représentations de douze apôtres, réalisées en cuivre repoussé par l’abbé Ernest DARDENNE (1859 – 1940), prêtre dans le diocèse de Tournai.

Judas Iscariote, apôtre qui a trahi Jésus et s’est ensuite donné la mort, n’a pas été représenté : l’artiste a préféré modeler l’image de son remplaçant, Matthias. Il s’agit d’un don de Monsieur et Madame Raymond REMAN de Morialmé, provenant d’un legs de leur cousine Isabelle ANDRE.

Ci-dessous, les informations jointes par Monsieur et Madame Reman :

« Ces portraits des douze apôtres sont des œuvres de l’abbé Ernest, Joseph DARDENNE. Celui-ci est né à Virelles le 17 janvier 1859 ; il a été ordonné prêtre le 22 décembre 1883 et est décédé à Couvin, le 20septembre 1940. Dans un premier temps, il a été professeur à Chimay et à Soignies. Par la suite, il a été curé des paroisses de Siraut et de Frasnes-lez-Gosselies. Artiste peintre de renom, il a également excellé dans la réalisation d’œuvres sur cuivre repoussé. La technique du cuivre repoussé est un art du métal ancestral, qui consiste à créer des motifs en bas-relief en déformant une feuille de cuivre malléable, en travaillant principalement à l’envers. »

Après un bon nettoyage de ces figures et le remplacement des encadrements très abîmés, ces œuvres sont exposées dans la chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes, qui est la seule à posséder un pan de mur assez grand pour les accueillir toutes ensemble. Une restauration des cadres à l’identique était impossible en raison de leur état et d’impératifs budgétaires. La plupart des apôtres ont eu une mort tragique et cruelle : ils sont considérés comme martyrs par l’Eglise.
A la paroisse, à présent, de faire vivre cette chapelle réaménagée en un lieu convivial.

Robert Mouchet

Sources:

Archives paroissiales ; REMAN Raymond, L’église saint-Martin de Morialmé, depuis 150 ans, immuable témoin de la vie du village, 2010 ; PRESSE : LOMBART Camille, Le Courrier, 11-03-2001.

 

Walcourt en jubilé : 2025-2029

Walcourt célèbre son millénaire avec un cycle de festivités citoyennes et artistiques étalé de 2025 à 2029, valorisant les légendes locales et l'espace public. Le programme inclut des parcours de céramique participatifs et des balades contées conçus par les habitants pour renforcer la fierté locale et la transmission intergénérationnelle. 

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800 ans de l’église Saint-Nicolas de La Hulpe

Les 21 et 22 mars marquent les 800 ans de l’église Saint-Nicolas de La Hulpe. Une occasion de célébration et de réjouissances avec un programme alléchant. Voyez plutôt.

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Objet du mois : février 2026

La semaine passée, nous avons diffusé cette photo sur les réseaux sociaux. Nous avons pu constaté, au nombre important de "like" et de commentaires que cette œuvre vous plait beaucoup.

Il s'agit du Maître autel et du Retable de la Passion à l'église Notre-Dame à Gedinne. Le Retable daté de 1558 à 1574 a été co-réalisé par le sculpteur Jean Muzelle et le peintre Jean Goblet. Il est de style Renaissance, annonçant déjà les prémices du Baroque.

Ce retable a été intégré dans un maître-autel baroque du XVIIe siècle. Les volets en accordéon et le tabernacle, quant à eux, datent du XIXe siècle.

En 2019, l'Abbé André Haquin avait écrit un article pour la Newsletter du CIPAR qui mettait en lumière le projet de restauration d'envergure qui a redonné tout son éclat au retable de Gedinne.

Après plusieurs années de recherche et de restauration minutieuse, le Retable de la Passion et de la Vie de la Vierge a retrouvé sa place au cœur de l’église Notre-Dame de la Nativité le 7 septembre dernier 2019. Le projet ne s'est pas limité à la structure centrale, mais a englobé tout l'ensemble de l'autel majeur.

Fanny Cayron est la restauratrice en charge du retable. Le tout a été financé par la Fondation Roi Baudouin, gestionnaire du Fonds Jacques et Christiane Barbazon.

Pour admirer plus de photos de ce chef-d'oeuvre, rendez-vous sur balat.

Est-ce que vous nous suivez sur Facebook? Nouveauté : Calendrier des saints

Depuis le début de l'année 2026, nous avons lancé un calendrier des saints avec des exemples. Le CIPAR vous propose tout au long de l’année de suivre son calendrier illustré par des représentations (statue, peinture, vitrail,...) de saints conservés dans les églises paroissiales de Wallonie.

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Le vestiaire oublié de la Vierge

Dans la cathédrale Saint-Aubain, l’autel du transept sud abrite une statue de l’Immaculée Conception. À une époque, il était d’usage d’habiller la statue selon les différentes périodes de l’année liturgique. Cette pratique est peu à peu tombée dans l’oubli et ce n’est que récemment que ces vêtements ont été retrouvés.

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CIPAR - Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux