Rencontre entre une étudiante en histoire de l’art et une fabrique : mission inventaire

Line Eschenhorn_expertise d'un ostensoir

Dresser l’inventaire du patrimoine mobilier religieux est une mission importante pour assurer la sauvegarde des objets abrités dans nos églises. Il s’agit d’un travail conséquent qui peut donner naissance à  un travail d’équipe. Line Eschenhorn, étudiante en histoire de l’art, nous livre son témoignage au sujet de sa collaboration avec la fabrique de l’église Sainte-Anne d’Auderghem (Bruxelles) : mission inventaire !

Line Eschenhorn_expertise d'un ostensoir

En début d’année 2019, la fabrique souhaite débuter son inventaire du patrimoine mobilier religieux. Face au travail que constitue l’inventorisation de centaines de pièces conservées dans l’édifice, la fabrique se tourne vers le vicariat du Brabant Wallon qui lui propose une collaboration avec Line Eschenhorn.

Passionnée depuis son plus jeune âge par l’art, Line entreprend des études d’histoire de l’art à l’Université Libre de Bruxelles. Au cours de son parcours académique, elle découvre le CIPAR et ses missions. « J’ai eu l’occasion d’effectuer un stage au CHASHa (Centre d’Histoire et d’Art Sacré en Hainaut) et au service du patrimoine de l’évêché de Tournai. C’est grâce à ces expériences que j’ai connu la mission d’inventaire du CIPAR, ainsi que sa base de données informatique ». Durant ces activités dans le diocèse de Tournai, Line a été confrontée aux inventaires et a déjà eu l’occasion d’utiliser la base de données, ce qui s’est avéré être très utile dans l’accompagnement de la fabrique d’Auderghem.

Suite à leur rencontre, la jeune étudiante et la fabrique mettent directement une collaboration en place. La mission principale de Line consiste à accompagner et à conseiller la fabrique dans le travail de terrain, une étape primordiale pour inventorier correctement les objets. « Pour les personnes qui ne sont pas formées au patrimoine, remplir une fiche d’inventaire par objet et prendre de bonnes photos ne sont pas des choses qui vont de soi, d’où l’intérêt de bien expliquer comment regarder une pièce de mobilier, quelles sont les informations importantes à relever et la nécessité de prendre beaucoup de photos », dit-elle. Elle ajoute : « dresser un inventaire permet de connaître le patrimoine, on garde une trace écrite de chaque objet ainsi répertorié. Les informations doivent être les plus complètes possibles pour nourrir la recherche, aussi bien pour les chercheurs que pour les passionnés de patrimoine ».

Façade église sainte-anne auderghemCette expérience constitue un véritable échange entre la fabrique et l’étudiante. Pour les fabriciens, il s’agit d’une aide efficace pour inventorier leur mobilier et leurs objets liturgiques. Pour Line, cette collaboration lui permet d’accumuler de l’expérience en matière de gestion d’équipe, de confrontation au terrain et de contact très proche avec les objets liturgiques. « Même s’ils ne représentent pas tous la même valeur patrimoniale et historique, tous les objets méritent la même attention. Par conséquent, il faut faire preuve d’exhaustivité ». Elle nous également  : « cette approche du patrimoine par le biais des inventaires est liée à une évolution de ce patrimoine et de sa perception, il y a de nouvelles problématiques et de nouvelles perceptions dont nous devons tenir compte ». En effet, le patrimoine religieux est sensible et beaucoup d’objets n’ont jusqu’à présent pas encore été répertoriés. Cette mission d’inventaire permet à la fois de (re)découvrir mais aussi d’évaluer l’état de conservation des pièces.

Parmi ses futurs projets, l’étudiante va continuer à aider les fabriques dans la réalisation de leurs inventaires. Grâce à ses stages et à son expérience de terrain, Line s’est découverte une véritable passion pour l’art religieux et plus particulièrement pour l’orfèvrerie liturgique. Des projets pleins la tête, elle poursuivra son parcours pour sauvegarder le patrimoine mobilier religieux !

Propos recueillis par M.Moriaux