Une garde-robe de Vierge à l’Enfant inventoriée, étudiée et mise en valeur !

L'exposition de la garde-robe de la Vierge à l'Enfant

Une garde-robe comprenant plusieurs tenues partiellement complètes a été redécouverte en 2015 à l’occasion de l’inventaire de l’église Saint-Nicolas-en-Havré à Mons. Une heureuse découverte patrimoniale qui a amené deux ans plus tard à l’étude minutieuse de ces textiles par l’œil d’une experte en vue de la documenter, la détailler et la décrire dans plusieurs ouvrages. Le tout couronné par une exposition portée par la fabrique d’église dans la chapelle d’hiver. Retour sur une belle aventure patrimoniale.

La découverte de l’inventaire

Ensemble de robes Lors de l’inventaire de cette église en 2015, les personnes-relais du patrimoine chargées des inventaires dans le diocèse de Tournai pour la région de Mons ont eu l’agréable surprise de fouiller dans quelques boites en plastique où avaient été remisées pas moins de 75 pièces de l’incroyable garde-robe de la Vierge à l’Enfant. Sans la vigilance et l’œil attentif du sacristain ayant accompagné les bénévoles dans l’inventaire, ces caisses abritées dans la cure voisine auraient pu passer inaperçues et échapper à l’inventaire. En effet, grâce à cette étape où toutes les caisses ont été vidées, les pièces étalées et rassemblées par « tenues », l’importance de cet ensemble est apparu clairement. De plus, des conseils en conservation préventive et un meilleur stockage ont été mis en place.

Tout a donc commencé par un inventaire traditionnel : mettre de l’ordre dans des vêtements empilés, non répertoriés, mélangés mais heureusement conservés. Un travail d’inventaire bien sûr, mais aussi une véritable aventure qui dépasse le rappel des formes, des couleurs liturgiques, des matières et la description des vêtements à préserver. L’expérience vécue à l’église Saint-Nicolas-en-Havré à Mons marque réellement l’existence d’un cycle extraordinaire.

 

L’étude de cet ensemble

Ce travail de récolement a ouvert la voie aux interrogations complémentaires concernant la liturgie, l’iconographie, la symbolique chrétienne. Grâce aux collaborations diverses et aux relais lancés par l’inventaire, une mise en perspective avec l’histoire de la mode vestimentaire d’une époque et d’un lieu a pu être lancée. Deux ans après cet inventaire descriptif et photographique, une étude plus détaillée des techniques, des coupes ou encore des matériaux par une experte a permis de compléter ce premier listing.
Les vêtements de la garde-robe de Marie de l’église Saint-Nicolas ne sont pas les mêmes que ceux que l’on peut rencontrer lors d’autres inventaires, bien que le travail d’ensemble prenne tout son sens : l’observation des points de convergence et des différences. Le travail mené s’inscrit dans une volonté de sensibilisation à la fragilité des textiles. La dynamique qui se met en place depuis quelques années et qui prend corps de manière solide actuellement peut être du meilleur augure, preuve en est l’année thématique textiles organisée par le CIPAR en 2018 avec notamment comme objectif la publication d’une brochure de référence pour leur bonne conservation.

La valorisation de la garde-robe

A Mons, à la suite de l’inventaire, une exposition a eu lieu au sein même de l’église. Les vêtements de la garde-robe ont été montrés au public pendant un mois (en décembre 2018). Cet événement a pu être mis en place grâce aux efforts concentrés pour la mise en place de l’inventaire, de l’observation fine des vêtements et de leur restauration.

L'exposition de la garde-robe de la Vierge à l'Enfant

Suscitant un véritable intérêt en raison de sa valeur historique et patrimoniale, l’ensemble fera l’objet d’une publication qui verra le jour en décembre 2019. Cette publication se centrera sur la garde-robe de la Vierge qui y a été découverte, elle redynamisera le travail textile puisqu’en plus, une nouvelle robe a été créée pour une statue de Marie.
On pourrait penser que le sujet est clos et épuisé, mais bien d’autres projets sont encore possibles autour de cet ensemble. En effet, que l’expérience vécue à l’église Saint-Nicolas-en-Havré fasse boule de neige, le pari est lancé !

Déborah Lo Mauro (CIPAR) et Katia Martroye (experte textiles)