L’église d’Huppaye sauvée de la décrépitude

Vue intérieure de l'église d'Huppeye

Après trois décennies de rebondissements, la nouvelle est tombée : les travaux de rénovation de l’église Saint-Jean-Baptiste ont été validés et débuteront prochainement. L’annonce de cette rénovation est désormais officielle.

Eglise Saint Jean-Baptiste d'Huppaye

Il en aura fallu de la patience aux paroissiens et habitants du village d’Huppaye, dans la commune de Ramillies et la région de Jodoigne! Face à des dégâts conséquents à la suite de l’effondrement partiel du plafond, l’église Saint-Jean-Baptiste avait dû être fermée pour des raisons de sécurité en 2011.

La stabilité de l’édifice se trouvait même en péril. Afin de réclamer sa restauration, une pétition est alors lancée trois ans plus tard, à l’initiative du mouvement citoyen « Huppaye, église en péril ». Près de trois mille signatures sont apposées en guise de soutien à cette mobilisation. On l’imagine aisément, le fait de différer les travaux a accentué la gravité de ceux-ci, l’humidité gangrénant toujours plus les lieux. Toutefois, les différents travaux à venir se trouvent à présent répertoriés sur le site de l’unité paroissiale, l’octroi d’un subside de la Région wallonne étant accordé et annoncé par la majorité communale Ramillies en Marche – Ecolo. Parmi ceux-ci se retrouvent « la rénovation de la toiture et du clocher dans son entièreté (bulbe et clocheton, réinstallation de la croix et du coq), le rejointoiement et la réparation des murs extérieurs, la consolidation du bâtiment et pour terminer le rafraîchissement des peintures intérieures ». Vu l’ampleur de la tâche, la réouverture de l’église n’est pas encore inscrite à l’agenda communal, même si les travaux sont prévus dès le printemps, l’entrepreneur ayant déjà été sélectionné.

Un joyau baroque

Vue intérieure de l'église d'Huppeye (© D.R.)
(© D.R.)

Classé en 1983, l’édifice et sa décoration de type baroque tardif ont retenu l’attention des historiens de l’art, parmi lesquels Mathieu Bertrand, qui soulignait, il y a quatre ans, le contraste entre la sobriété de l’extérieur de l’édifice et son intérieur où « l’ensemble est ouvragé jusque dans les moindres recoins : les corniches, les encadrements de fenêtre, le profil des niches qui encadrent les autels latéraux, le décor du couvrement … Mais c’est au niveau du chœur que l’ornementation prend toute son ampleur ». Il voyait dans cette église un refus de la simplicité avec un usage répété de la courbe: « l’usage de la courbe est récurrent, les moulures sont partout et les structures se confondent avec l’ornementation par le biais des stucs, tantôt figuratifs, tantôt plus abstraits. Cette plasticité, ce modelé de formes complexes, ce jeu entre les creux et les pleins vont particulièrement bien accrocher la lumière, très présente dans l’entièreté de l’espace. Les fenêtres sont en effet judicieusement réparties pour créer un éclairage optimum« , Les paroissiens et amateurs de patrimoine se réjouissent de retrouver l’église implantée en face de l’école primaire du même nom. Il y va d’une dynamique locale retrouvée.

Angélique Tasiaux ( article paru dans Journal Dimanche, 7 fév. 2019)