Le plâtre : nouvel or blanc ?! Le vol du Sacré-Cœur d’Aubel et ses enseignements pour le patrimoine

Sacré-coeur d'Aubel

 On ne les voit parfois plus, au détour de nos chemins, ces œuvres qui jadis rassuraient le passant ou jalonnaient les processions. Parmi les plus récentes, bon nombre sont en plâtre, matériau a priori moins convoité que le bois. Le Sacré-Cœur qui ornait l’espace public d’Aubel nous démontre la fausseté de ce point de vue. Ces statues sont souvent polychromes, aux teintes parfois criardes et font penser à des versions bon-marché de sculptures plus anciennes en bois. Il est vrai que le plâtre n’a pas la même noblesse que le matériau forestier aux yeux de nos contemporains, ni la même valeur matérielle, c’est un fait. Si on n’y prête plus guère attention dans les églises, on les voit souvent encore moins comme des œuvres dignes d’intérêt lorsqu’elles trônent en place publique.

Sacré-coeur d'Aubel

Cependant, l’actualité nous rappelle encore une fois à l’ordre. Cette fois ce n’est pas une église qui a fait l’objet d’un larcin mais bien une statue dans l’espace publique : un Sacré-Cœur pour être tout à fait précis. Fraîchement restaurée, elle a tout bonnement disparu, déboulonnée. Ce cas éveille en fait l’attention à l’égard des autres monuments patrimoniaux à caractère religieux se trouvant hors des églises et de leur système de sécurité.

Ce fait divers permet de constater que les œuvres auxquelles on accorde habituellement moins d’importance peuvent s’avérer des objets de convoitise et que des moyens simples de prévention peuvent être mis en place sans pour autant se ruiner.

Dans le cas d’une œuvre en extérieur comme celle dont nous parlons, le premier réflexe est de sensibiliser le voisinage aux enjeux du patrimoine. Leur demander d’être vigilants aux présences inhabituelles voire suspectes, aux passages réguliers de véhicules, souvent de grandes dimensions, etc. il faut être particulièrement attentif aux éventuels buissons ou muret qui se trouvent à côté et derrière lesquels des voleurs peuvent se cacher. Cette mesure de vigilance ne représente aucun coût pour la collectivité et peut rendre de grands services.

 

A côté de cela, des appuis technologiques sont possibles : rien n’empêche par exemple d’illuminer l’œuvre de nuit à l’aide d’un spot. Il s’agit certes de petits travaux mais leur budget reste raisonnable. L’intérêt de l’éclairage est, en toute logique, d’éviter les zones d’ombre et la dissimulation des voleurs. C’est particulièrement pertinent dans le cas des buissons ou muret évoqué plus haut.
L’actualité éveille les attentions parfois endormies : oui tout patrimoine religieux, à quelque endroit qu’il se trouve et de quelque matériau qu’il soit peut être la cible de voleurs. Pas de fatalisme cependant !Des moyens simples, peu onéreux et efficaces sont à la portée de toutes les fabriques pour contrecarrer les funestes projets.

Plâtre – nouvel or blanc?

 

Charles Melebeck