Eglise de Falmignoul dans le projet Eglise Halte Randonnée

En accord avec la commune de Dinant et sous l’impulsion du conseil de fabrique d’église, l’église de Falmignoul s’inscrit dans le projet « Eglise Halte Randonnée » qui vise à ouvrir aux visiteurs de passage diverses églises de la commune de Dinant et à y présenter le patrimoine culturel et humain de l’église et du village ainsi que le potentiel de promenades et les richesses naturelles de la région.

L’église actuelle a été construite en 1842 (style néoclassique) et restaurée il y a une quinzaine d’années. Parmi les objets les plus remarquables vous pouvez admirer la statue en chêne de Saint Nicolas (1790, autel latéral droit) et dans le chœur celle d’un saint évêque plus ancien encore (175). La chaire de vérité (1752) provient de l’ancienne chapelle. Les vitraux très lumineux et de bonne facture sont des donations de paroissiens du village. Ceux du chœur ont été offerts par le curé Joseph Van Schingen. Au fond de l’église, sur le côté droit de la nef, les statues ont été rassemblées pour former le paradis des saints ! Quelques légendes liées à ces saints vous y sont commentées. La grande cloche (1000kg) remplace celle enlevée par les Allemands en 1944. Pour notre plus grand plaisir, elle sonne trois fois par jour l’Angélus (8h10, 12h10, 19h10), marquant ainsi le temps qui s’égrène et appelant jadis les travailleurs à marquer une petite pause prière…nous dirions aujourd’hui une petite halte méditative.

Histoire et Patrimoine humain

Falmignoul, Falmagne : tout semble indiquer que ces deux villages mitoyens (les deux églises sont distantes de moins de 600 mètres) sont les deux pôles d’une même entité partageant une longue histoire commune. Certes, Falmignoul est un diminutif de Falmagne dont l’étymologie remonte à une tribu celte, les Falmani, qui occupait cette région aux confins de la Famenne.

Cependant, depuis des siècles et jusqu’il y a quelques dizaines d’années, bien des choses distinguaient les deux villages : Falmignoul en Principauté de Liège représentait la principale voie de passage entre la partie orientale (côté Liège) et occidentale (pas d’Entre-Sambre-et-Meuse) de la Principauté. C’était aussi le lieu de passage entre Givet ( devenue française en 1675) et Liège. Après l’indépendance de la Belgique, jusqu’à la création de l’autoroute E411, Falmignoul continuera à être un lieu de passage de Namur/ Dinant vers la France et vers Libramont/Saint Hubert/Bouillon. Tous les services d’une localité « étape » s’y développeront : auberges, petits commerces, maréchal ferrant, etc. A noter aussi que le village était tourné vers la Meuse (gare la plus proche : Waulsort)

Falmagne, historiquement en Comté de Namur et tourné vers la Lesse (gare la plus proche : Walzin), a gardé, jusqu’à l’avènement de l’automobile et de l’agriculture hyper mécanisée, une activité essentiellement agricole avec de nombreuses grandes et petites fermes. Les habitants de Falmagne qui venaient à Falmignoul disaient « Je descends en ville » car ils y trouvaient tous les services dont leur petite localité était privée.
Aujourd’hui, les deux entités partagent la même école et les habitants s’impliquent ensemble sur des projets récréatifs communs (fête des fleurs de Falmagne en mai, trail du mois d’avril à Falmignoul, festival de musique « Orferidis » fin de l’été, activités de Noël sur la place de Falmignoul) et sur des projets locaux développés dans le cadre de la CLDR (Commission Locale de Développement Rural).

Un peu d’histoire : la présence romaine dans la région est attestée par les vestiges d’un camp romain fortifié à Furfooz (dominant la Lesse) et à Waulsort. Les Francs ripuaires ont succédé aux Romains à Furfooz. Ils étaient aussi installés à Falmignoul et Falmagne où les archéologies ont mis en évidence des cimetières datant du Vème siècle. D’où le nom de place du Tombois à Falmignoul (le tombois désigne un cimetière franc).
L’époque carolingienne fut celle de la fondation de nombreuses abbayes telles que celle de Waulsort (946) et sa voisine à Hastière (1033). C’est aussi à cette époque que les crêtes de la vallée de la Meuse se couvrent de plusieurs châteaux féodaux tel que le Château-Thierry à 1.5 kilomètres à l’est de Falmignoul. Il dominait le village et l’abbaye de Waulsort. Le seigneur du Château-Thierry était un avoué (protecteur) de l’abbaye de Waulsort.
Falmignoul est le village natal du poète belge Roger Bodart (1910-1973) dont le père fut un instituteur qui, par la qualité de son enseignement et son implication dans le développement des ressources, a profondément marqué le village. Roger Bodart, avocat honoraire près de la Cour d’appel de Bruxelles, fut membre de l’Académie Royale de Langue et Littérature Française. Il a obtenu de nombreux prix. Sa première œuvre « Les Mains tendues » (une poésie d’adieu à l’enfance, à la vie dans les grands bois) fut préfacée par Léon Daudet qui y écrit « Votre poésie naturelle, limpide et pure coule de source comme un don de Dieu ».
Falmignoul est aussi le village où est né et a vécu le professeur Marcel Huet (1911-1976) qui enseigna la pisciculture à l’Université Catholique de Louvain. Sa compétence était reconnue dans le monde entier (concept de zonation piscicole), il était membre de plusieurs associations scientifiques internationales et conseiller auprès de la FAO.

Urbanisme et bâti

La rue des Crétias se situe dans le plus vieux quartier du village. La carte de Ferraris de 1773 ci-dessus nous montre bien que le bel ensemble de maisons jointives en moellons calcaires le long de la route Dinant-Beauraing n’existait pas à cette époque, ni d’ailleurs l’église Saint-Nicolas.

Le village de Falmignoul vu depuis les hauteurs de Falmagne.

L’ancienne église se trouvait à hauteur de la grande ferme de Laubespin en haut du village (aujourd’hui le gîte « la belle étable », ex ferme Clarenne).
La photo ci-dessus, prise depuis les hauteurs de Falmagne met bien en évidence les deux grandes fermes modernes de l’entité l’une sur la gauche (celle de Mr Stéphane Clarenne) et l’autre derrière le cimetière. Nous pouvons admirer aussi la vieille ferme Lambert, la plus ancienne (début du XVIIIe siècle) de Falmignoul avec sa grange en briques rouges (plus récente que le corps de logis). Elle a été transformée en restaurant en 2016 : un restaurateur gastronomique déjà repris au Michelin.

Dans le haut du village un autre restaurant (le Saint Paulin) qui est aussi un hôtel, l’Auberge des Crétias, a depuis longtemps une réputation régionale méritée. Par ailleurs le village compte plusieurs gîtes bien occupés….bref Falmignoul est un village où il fait bon vivre et se promener. L’activité touristique fait bon ménage avec l’activité agricole. La plupart des bâtisses sont en pierres calcaires, donnant ainsi au village une belle homogénéité. L’ancien moulin du village a été transformé en boulangerie-pâtisserie qui mérite amplement sa dénomination « Les gourmandises du Moulin ». Le village a compté jusqu’à trois brasseries. La principale le long de la côte Marie-Thérèse est toujours en activité…depuis 1765 ! C’est la Caracole dont la réputation dépasse nos frontières (exportée en France, Angleterre, Etats Unis). Une visite des installations (bassin chauffé au feu de bois dans d’anciennes cuves) peut-être combinée avec une dégustation dans l’ambiance originale de la brasserie.

Le château

Le château a été incendié par les Dinantais en 1390, attaqué par les troupes d’Henri II en 1554 et détruit en 1675 par Louis XIV. Il ne sera jamais reconstruit. Les ruines, propriété de la région wallonne, sont classées depuis 1987. Pour des raisons sécuritaires, elles ne sont malheureusement plus accessibles. Les ruines occupent un des six éperons des belles falaises calcaires qui jalonnent la promenade des crêtes.

Deux de ces éperons ont une plateforme plus spacieuse et sont dotés chacun d’un banc. Du premier de ces points de vue vous avez une vue plongeante sur le Château de Waulsort.

Il s’agit en fait des restes de la fameuse abbaye bénédictine fondée en 945. L’abbaye a en effet été ravagée lors de la Révolution française. L’église abbatiale et le cloître ont ensuite été détruits pour faire place au jardin. Cependant, l’abbaye possédait aussi une petite église paroissiale (Saint-Michel, 1048) qui veille maintenant depuis un millénaire sur le village. Ce serait la plus ancienne église paroissiale de Wallonie.
A partir de la seconde plateforme, au lieu-dit « Le drapeau » la vue sur la château de Waulsort se complète par un magnifique panorama sur le village installé sur la plaine alluviale de la rive gauche de la Meuse.

Le château de Waulsort, vue depuis la promenade des Crêtes

Les chapelles
Une chapelle et une potale témoignent encore de l’importance qu’avait jadis le culte marial dans nos campagnes.

Notre Dame des Champs

La potale dédiée à Notre Dame des Champs, entourée de deux bancs, est depuis une trentaine d’année abritée par deux tilleuls qui dominent les prairies voisines et servent de perchoir à une buse souvent concurrencée voir chassée par un couple de corneille.

Chapelle Notre Dame de Lourdes

La chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes, est entourée de deux respectables tilleuls plus que centenaires ! A noter sur son fronton, une niche dédiée à St Donat. Dans la biographie de Roger Bodart, ce grand poète belge originaire de Falmignoul nous retrouvons une attachante description par sa sœur de cette chapelle qui était un reposoir lors des deux grandes processions annuelles et des trois rogations destinées à attirer la bienveillance céleste sur les moissons.

                 

Les sentiers de Falmignoul

Sur la carte extraite de  » Dinant Carte de Promenades » (en vente à l’office du Tourisme de Dinant ou en librairie locale ou sur le site internet de l’IGN) vous retrouverez le tracé des 4 grandes promenades emblématiques de la région « Entre Meuse et Lesse » de Falmignoul et de Falmagne. Celle côté Lesse démarrent de Falmagne, l’occasion d’y découvrir la charmante église Sainte Geneviève qui n’est qu’à 600m à vol d’oiseau de celle de Falmignoul.

La place du bâti, qui entoure l’église est équipée d’un espace de jeu moderne (inauguré fin juillet 2020) qui fait la joie des enfants.

 

 

Falmagne, église et place du bâti

Bien d’autres promenades alternatives

(à pied ou à vélo) peuvent être imaginées

dans cette belle région où vous êtes les bienvenus !

Benoit Oldenhove (président de la fabrique d’église de Falmignoul) Texte et photos

Extrait de son précieux document Bienvenue dans l’église Saint Nicolas de Falmignoul.

 

Programme de l’édition 2020 du FESTIVAL ORFERIDIS

Le vendredi 11 septembre à 20h, en l’église Ste-Geneviève de Falmagne, la mezzo-soprano Anne Le Coutour et le pianiste Michel Boédec proposeront un spectacle intitulé Légendes de la Mer et de la Mort en Bretagne.

Le samedi 12 septembre à 17h et 20h, en l’église St-Nicolas de Falmignoul, le Choeur de Chambre de Namur, les instrumentistes de la Cappella Mediterranea placés sous la direction de Leonardo García Alarcón feront revivre les fastes de la Polyphonie wallonne de la Renaissance, au tournant des 16èmes et 17èmes siècles.

Le dimanche 13 septembre à 17h et 20h, en l’église St-Blaise de Mesnil-St-Blaise, la mezzo-soprano Julie Bailly et l’accordéoniste Michel Lambert vous emmèneront à St-Germain-des-Prés, Une heure avec Barbara.

Le Festival a dû s’adapter à la crise sanitaire que nous vivons actuellement. Les dates et concerts initiaux ont été modifiés et le programme des samedi et dimanche sera donné à deux reprises, afin de limiter l’occupation des églises. Les recommandations sanitaires en vigueur en septembre vous seront communiquées par e-mail quelques jours avant le début du Festival.

Dans le contexte actuel, nous vous encourageons vivement à réserver vos places en nous retournant le carton-réponse dûment complété à l’adresse suivante : orferidis@gmail.com ou par courrier postal.

La région entre Meuse et Lesse est magnifique et regorge de multiples lieux à visiter ou à découvrir. Les propositions gastronomiques et les offres de logement ne manquent pas. Vous trouverez quelques recommandations à ce sujet dans la brochure jointe. Voilà l’occasion de passer un week-end à la campagne entre musique, nature et terroir.

Au plaisir de vous accueillir à cette occasion et de faire revivre la musique ensemble,

Nicolas Bauchau et Gérald Philippe