Un souffle nouveau pour l’église Saint-Maurice à Sclayn

La semaine passée, nous avons rencontré, à l’occasion d’une réparation d’un système d’horloge et de cloches, un fabricien de la fabrique de Sclayn (Andenne, diocèse de Namur), Jean-Michel Dive. Celui-ci a l’intention de faire bouger les choses dans l’église Saint-Maurice. Voici un retour sur cette rencontre intéressante.


L’église Saint-Maurice, un édifice roman
Cette église est un bel exemple d’église romane du XIe siècle, à l’origine collégiale, devenue en 1808 église paroissiale. Elle est composée d’un chœur à chevet plat, d’un transept en croix, de trois nefs à quatre travées et d’une tour carrée en avant-corps de la nef principale. Le mobilier qui est y est toujours conservé date des XVIIe et XVIIIe siècles. Par ailleurs, elle possède un Christ en croix du XIIIe siècle et de nombreuses pierres tombales de la Renaissance.
L’église a connu quelques phases de travaux. Elle a été modifiée au XVIIIe siècle comme l’attestent les ancres de façade de la tour occidentale qui affichent le millésime 1723 et le style classique du portail, au pied de la tour.
La dernière campagne de restauration date du début des années 80. L’intérieur a alors été peint entièrement en blanc avec un liseré jaune, l’éclaircissant très fort, comme en témoignent les amies du fabricien venues pour photographier l’église, Anne Lise Jadot et Christine Sepulchre.
Cette église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 17 mars 1949.

 

Un fabricien engagé
Depuis deux mois, Jean-Michel Dive a rejoint la fabrique d’église. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il regorge d’idées pour dynamiser son village et replacer l’église en son centre comme lieu de vie social et culturel. Il déploie depuis son arrivée une énergie impressionnante pour faire connaître le passé de l’église et ses richesses, impliquer les villageois dans la sauvegarde et la mise en valeur de leur patrimoine et sa conservation. Il a lancé une page Facebook pour faire connaître cette cause.

Originaire du village, il semble porté par son entourage qui lui apporte son soutien et son aide dans son (ses) projet(s).
Au-delà de ce qu’il a déjà mis en place, Jean-Michel Dive ne manque pas d’idées : il a envie d’organiser une nouvelle exposition à l’image d’une précédente exposition de photographies qui a eu lieu en 1989, des concerts, animer des visites, etc.

On ressent l’attachement véritable qu’il a au lieu et sa volonté de vouloir le remettre en lumière. Il est en train de lister les problèmes de conservation, de ranger certains documents précieux comme les archives de la fabrique (datant pour certaines de 1800), et savoir comment concrètement conserver de manière préventive les œuvres présentes dans l’église et à l’extérieur. Il va se lancer dans l’inventaire du patrimoine mobilier de l’église (il participera avec enthousiasme à une formation organisée avec le CIPAR !). Cet inventaire permettra notamment de faire le point sur la localisation des objets.
Son papa, Jean Dive, âgé aujourd’hui de 94 ans, est une mine d’or de souvenirs. Il se souvient précisément de ce qui était dit et chanté lors des messes ainsi que les noms de tous les prêtres célébrant à Saint-Maurice. Ces noms sont d’ailleurs repris sur une des cloches de l’église. De plus, et c’est précieux, photographe professionnel, il a pris tout au long de sa vie des clichés du village de Sclayn et de son église. Cela permet d’illustrer merveilleusement les nombreuses anecdotes des personnes présentes ce jour-là : le journaliste Jacques Duchateau, Benoît Dive (le cousin de Jean-Michel Dive, venu prendre une vidéo avec son drone) le fabricien Monsieur Winance et son fils, les deux amies déjà citées, tous originaires du village. Chacun peut expliquer grâce à un des clichés de 1971 l’évolution du village et la place des chapelles, le calvaire et le petit chemin qui les lient avec l’église.
A l’entrée de l’église, près du Christ en croix, une table est installée avec des grandes photos en noir et blanc prises par Jean Dive à différentes époques que nous pouvons admirer : des clichés de détails de statues, de la chapelle Notre Dame sous la neige. Ces photographies représentent aujourd’hui un témoignage précieux et un support intéressant pour animer des visites.

      

Les trois photos : les fonts baptismaux, le christ et la pierre tombale.Jean Dive

 Joël campaniste

Pourquoi avions-nous décidé de venir précisément le 22 septembre 2020 ? Pourquoi cette petite église grouillait de monde en cette belle matinée ensoleillée ?
Pour venir admirer Joël à l’œuvre ! Joël travaille depuis des années comme électricien. Il fait la maintenance, répare et relance les horloges lorsqu’elles ne sont plus à la bonne heure. C’était le cas à Sclayn où les habitants vivaient avec un important décalage horaire depuis le mois de juillet. Visiblement, les pigeons ne sont pas étrangers à ce dérèglement. Selon Joël, ces animaux, nombreux aux vues des excréments qui jonchent le sol du clocher, se posent sur les aiguilles, ce qui déséquilibre facilement ce système sensible et fragile lesté d’un contre-poids. Il a dû remplacer le micro-moteur et changer le système de commande à distance installé dans la sacristie.
Dans le cadre de son travail, il est aussi amené à entretenir les cloches et leur système. Un travail minutieux qui exige une grande connaissance technique et une véritable précision. Un métier peu connu et pourtant si précieux que nous voulions vous présenter.

         

Nous en profitons pour remercier le très bon accueil de la fabrique et toutes les personnes présentes sur place. Nous finissons en félicitant vivement la fabrique pour son travail remarquable.
Pour admirer le travail de Joël sur de très beaux clichés pris par Jacques Duchateau, ouvrez le lien.

Vinciane Groessens