CIPAR

Les inventaires à Beauraing : un nouveau record !

Publié le 08/03/2024

22 inventaires en un mois de temps, est-ce possible ? C’est le défi que les fabriques d’église de la commune de Beauraing ont relevé ! Retour sur cette expérience quelque peu hors du commun qui a non seulement permis d’ouvrir la voie à une gestion patrimoniale concertée mais également, à tisser des liens entre les fabriciens.

Un GEFEBE actif à l’origine du projet

L’été 2023 aura été une période particulièrement chargée pour les fabriques d’église beaurinoises, caractérisée par l’inventorisation de tous les édifices de culte catholique répartis sur le territoire communal.

Ceci étant, le travail de collaboration entre ces gestionnaires d’églises ne date pas de l’an dernier. Depuis une dizaine d’années, les 15 fabriques se sont en effet rassemblées en GEFE (Groupe d’Entraide de Fabriques d’Eglise). De là a germé l’idée de fusions, pour réduire ce nombre à trois grandes fabriques : Beauraing, Pondrôme et Winenne. Pour qu’une fusion soit effective, un récolement photographique par bâtiment concerné doit être élaboré, faute de quoi le processus ne peut être concrétisé. Par conséquent, trois membres du Bureau du GEFEBE, Jean Marchal, Jean Haquin et Philippe Delforge se sont mobilisés pour entamer ce vaste travail d’inventorisation

Quelle méthodologie ?

Suite à plusieurs rencontres en amont entre les représentants du GEFEBE et du CIPAR, une séance de formation pratique à l’inventaire s’est tenue début juillet 2023. Cette session a été également l’occasion de mettre en perspective les possibilités pour faire avancer efficacement ce vaste chantier. L’une d’elle a été retenue : l’engagement de deux étudiants, pour soutenir les bénévoles. Les choses se sont ensuite très vite enchaînées. En effet, l’Administration communale a alloué un budget pour deux contrats d’étudiant d’une durée d’un mois, décrochés par Fiona Avitabile et Hugo Warscotte. Après une formation sur site, tous deux se sont rapidement montrés opérationnels pour sillonner les villages et répertorier le mobilier des 22 édifices concernés, suivis et assistés avec bienveillance par les représentants du GEFEBE. Ils témoignent à ce sujet : « à l’issue de la formation de juillet 2023, nous nous sommes rapidement rendus compte que l’engagement d’étudiants pouvait être bénéfique pour avancer, d’autant plus que plusieurs fabriciens avaient manifestés des difficultés à pouvoir réaliser l’intégralité du travail par leurs propres moyens ».

Le 31 juillet 2023 marque le commencement du travail avec les étudiants, qui se répartissent les biens mobiliers selon leur sensibilité et leur intérêt : « nous avons fait le choix de nous répartir par zones. Tandis que les uns s’occupaient de la sacristie, comprenant les textiles et l’orfèvrerie, les autres se concentraient davantage sur les nefs et le chœur, comprenant le gros mobilier, les sculptures et les vitraux. » nous explique Jean Marchal.

Fin août, toutes les demandes de validations d’inventaires sont introduites auprès du CIPAR, qui après la phase de révision, les a validées. Le record du nombre d’inventaires réalisés en un mois de temps seulement a été atteint !

Quelles suites aux inventaires ?

À l’issue de cette expérience estivale intense, il est apparu indispensable de songer à des projets de valorisation. Pour immortaliser l’expérience, MaTélé s’est rendu in situ à la mi-décembre 2023 pour réaliser un reportage sur ce sujet et interviewer les fabriciens à l’origine du projet. Plus récemment, le 23 février 2024, un événement de clôture réunissant l’ensemble des Fabriques suivi d’un verre de l’amitié a été organisé dans la salle du conseil communal à l’Hôtel de Ville de Beauraing, une occasion de souligner le soutien financier de la Ville de Beauraing, de remercier les différents acteurs, d’échanger et de clôturer en beauté l’expérience.

S’il fallait en tirer quelque chose, Jean Haquin et Philippe Delforge résument tous deux : « cette expérience nous a permis de nous rendre compte de l’importance d’œuvrer ensemble pour assurer la préservation de notre patrimoine. Nous avons découvert de nombreux objets dont nous n’avions pas nécessairement connaissance ni de l’intérêt que ceux-ci pourraient présenter pour documenter l’histoire de nos paroisses. »

Un inventaire n’est pas une fin en soi, il s’agit justement d’un outil qui permet d’avoir une bonne vision d’ensemble et d’une connaissance sur le contenant d’une église ainsi que de son état de conservation. En d’autres termes, le récolement permet d’ouvrir la voie à d’autres projets, tels que le développement d’une stratégie de conservation préventive organisée par degré d’urgence, de réflexions autour de la valorisation et de l’ouverture des édifices au public, couplé à un projet de sécurisation.

Une chose est sûre, nous n’avons pas encore fini d’entendre parler de Beauraing !

Un grand merci aux étudiants Fiona Avitabile et Hugo Warscotte, aux fabriciens, à l’administration communale, au doyen Renard, aux desservants et sacristains ; et merci tout particulièrement à Jean Marchal, Jean Haquin et Philippe Delforge pour l’immense travail accompli !

Les illustrations sont de l'auteur.

Maura Moriaux

Publié dans
CIPAR - Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram