CIPAR

L’abbatiale Notre-Dame de Bonne-Espérance : 250 ans d’histoire, d’architecture… et un mystère jamais résolu

Publié le 01/06/2026

L’église abbatiale de l’Abbaye de Bonne-Espérance domine le paysage hennuyer et accompagne la vie du site. Monumentale, lumineuse, parfaitement équilibrée, elle semble encore aujourd’hui raconter l’ambition de ceux qui l’ont imaginée au XVIIIe siècle. Cette année, l’abbaye de Bonne-Espérance célèbre les 250 ans de la construction de son église abbatiale.

Pour mener ce chantier, les chanoines font appel à l’un des plus grands architectes de son temps : Laurent-Benoît Dewez (1731-1812), architecte officiel des Pays-Bas autrichiens. Figure majeure du néoclassicisme dans nos régions, Dewez transforme alors durablement le paysage architectural des anciens Pays-Bas méridionaux à travers des réalisations emblématiques comme le château de Seneffe, l’abbaye de Gembloux ou encore la collégiale d’Andenne. À Bonne-Espérance, il imagine une architecture pensée pour impressionner, rassembler et célébrer.

Car au XVIIIe siècle, une abbatiale n’est pas seulement un bâtiment : c’est un espace vivant, organisé autour du rythme des célébrations, des processions, des chants et des grandes fêtes religieuses. Tout y est pensé avec précision : la lumière, les volumes, les circulations, l’acoustique, la place du chœur, celle des fidèles et bien sûr le maître-autel, véritable cœur de la célébration.

Mais une église ne vit pas uniquement grâce à son architecture. Elle vit aussi grâce aux objets qui l’animent : calices, encensoirs, textiles précieux, livres liturgiques, chandeliers ou reliquaires. Derrière chacun de ces objets se cachent des artisans, des usages, des cérémonies et parfois des histoires inattendues.

À l’occasion de l’exposition « L’Abbatiale Notre-Dame de Bonne-Espérance, 250 ans », le CHASHa propose une immersion originale dans l’univers de l’abbaye à travers une enquête historique inspirée de véritables archives. Une intrigue traverse encore aujourd’hui la mémoire de l’abbaye. Que s’est-il réellement passé avec la crosse du dernier père abbé de Bonne-Espérance ? Disparue dans les bouleversements de la Révolution française, cette crosse — symbole du pouvoir abbatial — n’a jamais été retrouvée. A-t-elle été cachée ? Dérobée ? Vendue ? Transportée loin de l’abbaye pour être sauvée ?

À partir de véritables documents conservés dans les archives, le CHASHa transforme cette énigme en une véritable enquête historique immersive et vous invite à mener l’enquête, suivre les traces de personnages ayant réellement existé. Ces archives authentiques deviennent ici les pièces d’un grand puzzle historique.

Inspiré du Cluedo, le jeu d’enquête À la recherche de la crosse du père abbé entraîne petits et grands à travers tout le site de Bonne-Espérance. Témoins à interroger, indices à recouper, hypothèses à éliminer : les visiteurs devront progressivement reconstituer les événements et découvrir ce que les archives révèlent encore aujourd’hui sur le destin probable de la crosse disparue.

Mais derrière le jeu se dévoile aussi toute la vie d’une grande abbaye du XVIIIe siècle et l’immense chantier qui donna naissance à l’une des plus remarquables architectures néoclassiques de Belgique.  L’exposition se déploie depuis la nef monumentale de l’église abbatiale jusqu’à l’ancienne sacristie transformée aujourd’hui en espace muséal du CHASHa, conservatoire diocésain pour le patrimoine religieux en Hainaut.

Plans originaux, études préparatoires, œuvres d’art, objets liturgiques et documents d’archives dialoguent pour raconter non seulement la construction de l’abbatiale, mais aussi ses 250 années de vie, d’usage et de transmission. À travers cette exposition, le CHASHa et la Maison de la Mémoire de Bonne-Espérance invitent chacun — amateur de patrimoine, passionné d’histoire, famille ou simple curieux — à regarder autrement ce monument emblématique.

Non plus seulement comme une église ancienne, mais comme un lieu vivant, habité par des gestes, des sons, des objets, des récits… et quelques mystères.

Infos pratiques :

Abbaye de Bonne-Espérance, Rue Grégoire Jurion 22, 7120 Estinnes

Ouverture tous les dimanches de 14h30 à 18h00 du 7 juin 2026 au 4 octobre 2026. Accès gratuit.

Visite guidée tous les dimanches à 15h00 sans réservation (10€).

Visite guidée pour les groupes sur réservation (10€ par personne, min. 10 personnes)

Jeu d’enquête sur la disparition de la crosse du dernier père abbé. A partir de 5 ans avec un adulte, à partir de 10 ans en autonomie. Gratuit.

Audioguide gratuit sur Izitravel (exposition et site de l’abbaye).

Contact : info@chasha.be 064/33 03 46

www.chasha.be

Déborah Lo Mauro

Étiquettes
CIPAR - Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram