Une troisième vie pour la chapelle Notre-Dame de Lourdres en l'église de Morialmé
La paroisse de Morialmé a, elle aussi, été frappée par l’engouement international, qui a suivi les apparitions de Lourdes en 1858. Dans le fond de l’église, une chapelle leur a été consacrée. On y trouve actuellement :
- un vitrail, datant de 1911, évoquant ces miracles, réalisé par la Maison Bary et Hintzen de Koekelberg et restauré en 2008 par l’Atelier d’Art d’Henri Dupont de Nivelles ;

- une statue classique de Notre Dame de Lourdes et une beaucoup plus petite de Sainte Bernadette ;

- un triptyque représentant Notre Dame du Perpétuel Secours, qui comme le chemin de croix, a été réalisé par l’Atelier Charles Beyart de Bruges et dont l’encadrement, dans le même style que les quatorze stations de la passion du Christ, a été confié au menuisier- ébéniste morialmétois Ernest BRICHAUX ;

- une marque circulaire au sol en béton, vestige de l’emplacement des fonts baptismaux avant le Concile Vatican II (1962-1965), alors que tous les non-baptisés, y compris les nourrissons, entraient dans l’église par la petite grille de cette chapelle.
Des tableaux provenant des autels latéraux du chœur ont été déménagés vers ce local, à l’occasion de travaux de peinture, afin de les mettre à l’abri de l’humidité ascendante des murs, due à la présence du ruisseau Girondiat et d’eaux souterraines.
L’endroit était autrefois beaucoup plus prestigieux. Dans son livre consacré à l’église de Morialmé, Raymond Reman mentionne qu’en 1913, les deux chapelles du fond de l’église ont été construites avec les autels, qui avaient été repris de l’ancienne église d’avant 1860. La chapelle de droite, en entrant dans l’église, avait été consacrée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Les pavés de granit bien réguliers, qui n’avaient pas été trop abîmés lors de l’incendie de 1909, ont été récupérés pour paver ces deux volumes.
Durant de nombreuses années, la chapelle de Notre Dame de Lourdes a servi d’entrepôt aux vivres distribués par l’association caritative saint Vincent de Paul.
En 2024, le Conseil de Fabrique a envisagé d’en faire une chapelle de semaine ou d’hiver pour plusieurs raisons : l’énorme volume à chauffer dans l’église en hiver, le coût de l’énergie en hausse, la pollution qui en découle, le nombre réduit de participants aux offices de la semaine - et la préservation du patrimoine et de tableaux présentant des sujets religieux. Le curé Auguste BASTIEN avait déjà émis cette idée en 1976.
Le tabernacle provient de la chapelle du Home Degrange de Florennes, qui a déménagé vers la Résidence des Ducs en 2022. Il s’agit d’un don de la paroisse de Florennes, par l’intermédiaire du Chanoine-Doyen Philippe Masson, partenaire du projet.
L’autel est celui des religieuses de la Doctrine chrétienne de Morialmé, hébergées dans les bâtiments de l’école sainte-Marie de 1975 à 1993.
A la fin de l’année 2025, la Fabrique d’église de Morialmé a reçu des représentations de douze apôtres, réalisées en cuivre repoussé par l’abbé Ernest DARDENNE (1859 – 1940), prêtre dans le diocèse de Tournai.
Judas Iscariote, apôtre qui a trahi Jésus et s’est ensuite donné la mort, n’a pas été représenté : l’artiste a préféré modeler l’image de son remplaçant, Matthias. Il s’agit d’un don de Monsieur et Madame Raymond REMAN de Morialmé, provenant d’un legs de leur cousine Isabelle ANDRE.

Ci-dessous, les informations jointes par Monsieur et Madame Reman :
« Ces portraits des douze apôtres sont des œuvres de l’abbé Ernest, Joseph DARDENNE. Celui-ci est né à Virelles le 17 janvier 1859 ; il a été ordonné prêtre le 22 décembre 1883 et est décédé à Couvin, le 20septembre 1940. Dans un premier temps, il a été professeur à Chimay et à Soignies. Par la suite, il a été curé des paroisses de Siraut et de Frasnes-lez-Gosselies. Artiste peintre de renom, il a également excellé dans la réalisation d’œuvres sur cuivre repoussé. La technique du cuivre repoussé est un art du métal ancestral, qui consiste à créer des motifs en bas-relief en déformant une feuille de cuivre malléable, en travaillant principalement à l’envers. »
Après un bon nettoyage de ces figures et le remplacement des encadrements très abîmés, ces œuvres sont exposées dans la chapelle dédiée à Notre Dame de Lourdes, qui est la seule à posséder un pan de mur assez grand pour les accueillir toutes ensemble. Une restauration des cadres à l’identique était impossible en raison de leur état et d’impératifs budgétaires. La plupart des apôtres ont eu une mort tragique et cruelle : ils sont considérés comme martyrs par l’Eglise.
A la paroisse, à présent, de faire vivre cette chapelle réaménagée en un lieu convivial.
Robert Mouchet
Sources:
Archives paroissiales ; REMAN Raymond, L’église saint-Martin de Morialmé, depuis 150 ans, immuable témoin de la vie du village, 2010 ; PRESSE : LOMBART Camille, Le Courrier, 11-03-2001.