La restauration d’une chapelle néogothique de l’église Saint-Eleuthère de Blandain

Décor restauré_chapellle Blandain

Grâce à l’initiative de la fabrique, la chapelle de l’église Saint-Eleuthère de Blandain a retrouvé son aspect d’origine suite à des travaux de restaurations destinés à remettre en évidence ses décors initiaux.

Eglise BlandainLe village de Blandain a une relation privilégiée avec saint Eleuthère, évêque de Tournai à l’époque mérovingienne puisqu’il y reposa pendant 600 ans. L’exhumation de sa dépouille mortelle à la fin du 9ème siècle permit un culte local auquel l’évêque Baudouin transféra à la cathédrale de Tournai avec la translation des reliques en 1064, à la grande colère des blandinois.
Cette mémoire du saint restée vive explique qu’il soit apparu évident à la fabrique d’église Saint-Eleuthère de Blandain de restaurer la chapelle qui lui y est dédiée.

Cette mémoire du saint restée vive explique qu’il soit apparu évident à la fabrique d’église Saint-Eleuthère de Blandain de restaurer la chapelle qui lui y est dédiée.

Les origines
La création de cette chapelle a un lien avec la volonté de l’évêque Isidore-Joseph Du Roussaux de réanimer le culte de saint Eleuthère dans sa ville épiscopale à la fin du 19e siècle. La reconnaissance solennelle des reliques en 1888 avec l’ouverture de la châsse gothique de 1247, suivie de leur exaltation solennelle dans la cathédrale, l’offrande en 1889 à l’église de Blandain d’une partie notable d’une vertèbre que l’on inclut dans un phylactère néo-gothique toujours conservé créèrent un terrain favorable à une double initiative du nouveau curé de Blandain, Augustin Zacharie Deboë nommé en 1891. Les paroissiens financèrent l’installation de 13 vitraux illustrant les épisodes de la vie du saint et la transformation d’une remise du fond de l’église en une chapelle à lui aussi dédiée. La mise en place de l’autel néo-gothique en janvier 1895 marqua la fin des travaux, quelques mois après la mort subite du curé Deboë à l’âge de 45 ans.

Aménagements postconciliaires
Entre 1966 et 1968, avec l’accord de la commission d’art religieux de l’évêché de Tournai, la chapelle ainsi que l’église furent victimes d’aménagements réducteurs dans la mouvance du concile Vatican II : installation d’un faux plafond, badigeonnage des peintures murales néogothiques, élimination du triptyque néogothique de l’autel.

La restauration de l’édifice
50 ans plus tard, à l’issue d’une campagne de travaux étalée sur une décennie en raison du financement par la fabrique d’église sur ses fonds propres, la chapelle a retrouvé son décor initial. Les peintures murales néogothiques au pochoir ont été restituées (Marianne De Wil et Noémie Lambert), les quatre toiles peintes marouflées qu’un habitant du village avait sauvées ont été restaurées (Isabelle Happart) et remises en place dans leurs quadrilobes : elles illustrent quatre épisodes blandinois de la vie de saint Eleuthère dont la translation des reliques à Tournai. Enfin, la lame funéraire du curé Deboë est réapparue : il le méritait bien.

Décor restauré_chapellle Blandain

A l’heure où l’art néo-gothique semble rencontrer à nouveau l’intérêt des historiens de l’art et du public, on ne peut que féliciter la fabrique d’église pour cette restauration menée dans les règles de l’art et l’asbl patrimoniale tournaisienne Pasquier Grenier pour avoir honoré de son prix annuel 2019 la renaissance de la chapelle Saint-Eleuthère de Blandain.

Michel Amand-Jacques

Pour en savoir plus :
Un reportage a été réalisé à l’occasion de la remise du prix Pasquier Grenier à la fabrique d’église, un prix amplement mérité pour récompenser l’investissement considérable des fabriciens. Envie de le visualiser ? Cliquez ci-dessous :

Reportage_remise du prix à la fabrique de Blandain