La Roche-en-Ardenne : quand le patrimoine rencontre la pastorale

Une équipe paroissiale dynamique s’est mise en place à l’église Saint-Nicolas à La Roche-en-Ardenne. Nous les avons rencontrés et avons eu un entretien privilégié avec Hadeweij Dijkman de Quaasteniet, chargée entre autres de la pastorale du tourisme autour de la question du patrimoine.

Histoire de l’église Saint-Nicolas

L’église Saint-Nicolas s’élève fièrement au centre de la ville de La-Roche-en-Ardenne.  Initialement une petite chapelle y était implantée, remplacée au XVIe siècle par un édifice bien plus grand pour abriter la communauté considérablement agrandie. L’Ourthe toute proche et le château offraient de sérieux avantages qui ont attiré du monde.

L’église actuelle a été construite sur les plans de l’architecte liégeois Clément Léonard en 1901 dans le style gothique très en vogue à cette époque. Elle fut endommagée par la deuxième guerre mondiale mais les dégâts ont été rapidement réparés. Elle a ensuite été restaurée en 2001 pour fêter son centenaire.

L’église est dotée d’un riche patrimoine mobilier : une piéta, une statue de saint Eloi en bois polychromé (vers 1600), deux statues en bois de tilleul à l’effigie de la Vierge et saint Nicolas, patron de la paroisse, œuvres de Renier Panhay de Rendeux. Mais également une série de vitraux colorés de Louis-Marie Londot, le nouvel orgue avec ses 4300 tuyaux, les fonts baptismaux du XVIe siècle, la chaire à prêcher aux statues d’albâtre. Le revêtement de sol de l’allée centrale est remarquable : il s’agit d’un ensemble de 100.000 ardoises placées sur chant qui forme un tapis d’étoiles.

Après ces quelques lignes introductives sur l’église, pourriez-vous vous présenter brièvement, Hadeweij ?

Originaire des Pays-Bas, je suis arrivée dans la région en 2008 quand nous avons décidé avec mon mari de nous installer près de La Roche-en-Ardenne par amour pour la région. J’y ai appris le français.

Née dans une famille réformée, j’ai découverte l’Église catholique dans la région. Très touché par la liturgie et par curiosité, j’ai continué mon chemin spirituel en suivant la la formation théologique à Rochefort. En 2019, j’ai reçu la confirmation et depuis 2020, je travaille comme assistante paroissiale à La Roche-en-Ardenne.

Que signifie pour vous la pastorale du tourisme ?

L’important, c’est vraiment d’accueillir tout le monde, la communauté, bien sûr, mais aussi le passant. L’hospitalité a beau être une valeur forte dans notre société, elle n’en reste pas moins un réel défi. Il faut motiver le passant à pousser la porte mais également sensibiliser la communauté à lui offrir un accueil adapté.

Qu’avez-vous mis en place dans l’église de La Roche ?

Par sa localisation, au cœur de l’Ardenne touristique, notre église ouverte tous les jours est beaucoup visitée. Nous pouvons le constater au nombre important de bougies allumées et de pages noircies dans le livre d’or. Il faut faire en sorte que le visiteur, quel qu’il soit, se sente donc accueilli.

Pour ce faire, à l’entrée, un petit écran projette des photos pour présenter l’unité pastorale et ses activités avec une explication bilingue. Il y a toujours un fond musical et des fleurs qui décorent l’espace liturgique. Nous avons aménagé plusieurs zones dans l’édifice : une table pour que les enfants puissent dessiner et un petit coin catéchèse.

L’idée est de mettre en valeur le patrimoine et créer un espace vivant, mais l’église n’est pas un musée. Nous ne voulons pas mettre trop d’explication en dessous des statues, par exemple, pour ne pas encombrer un lieu qui est surtout destiné à la prière et au recueillement.

Vous avez exposé les panneaux du CIPAR concernant les textiles liturgiques l’été passé. Qu’aviez-vous proposé en complément ?

Une exposition est un très bon moyen d’attirer davantage les gens à l’intérieur d’une église. A partir des panneaux du CIPAR, j’ai développé quelques outils. J’ai rédigé des dépliants avec des résumés que les gens peuvent ramener et j’ai traduit les textes en néerlandais. Pour les familles, j’ai imaginé des petits jeux (un puzzle à recomposer, un exercice sur les couleurs liturgiques) qui permettent aux enfants d’apprendre de manière ludique.

L’été prochain, nous allons exposer une autre thématique du CIPAR : la sculpture en bois. Je réaliserai certainement à nouveau des jeux et des petites adaptations.

Quelques mots en guise de conclusion ?

Si l’église est fermée, cela empêche de recevoir le message de Dieu. L’église, ce n’est pas que la messe le dimanche matin, c’est également la Maison de Dieu au quotidien. Tout le monde doit y avoir accès. Selon moi, une église fermée, c’est une communauté fermée, en opposition avec une église ouverte qui représente une communauté ouverte.

Informations pratiques

Rue de l’Eglise 27-35, 6980 La Roche-en-Ardenne

Eglise ouverte de 9h à 16h l’hiver, 9h à 18h l’été.

Pour les suivre : https://chretienslaroche.be/ et sur Facebook : Chrétiens des deux Ourthes – Christenen van de twee Ourthes

Les illustrations sont toutes de l’auteur. Merci à Hadeweij Dijkman de Quaasteniet pour cette belle rencontre et ce partage si enrichissant. Les documents word ont été partagés avec son autorisation pour inspirer d’autres lieux à proposer les expositions du CIPAR et les exploiter au mieux.

Vinciane Groessens, CIPAR

CIPAR - Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux