Opprebais : la chapelle rénovée motive la fabrique d’église à la restauration complète de son église

Une fabrique d’église unie et très motivée dans leurs missions nous a fait part de tout le parcours vécu pour la restauration de leur église Saint-Aubain à Opprebais. Découvrons ce témoignage riche d’enseignements.

Au départ, la rénovation de la chapelle Notre-Dame du Perpétuelle secours appelée aussi Binamé

Michel Demarbaix, un habitant d’Opprebais très sensible au patrimoine local, a constaté le délabrement préoccupant de la chapelle. Ce petit édifice de 36 m² est érigé en 1893 par la famille Binamé, (actuellement l’autre appellation de la chapelle) à la suite du décès de leur quatrième enfants, Ignace, âgé alors de 18 ans. Une procession auquel tout le village participait se mit rapidement en place et perdura jusque dans les années 60.

Sans attendre, Michel Demarbaix a motivé la fabrique d’église du village à sauver la chapelle Notre-Dame du Perpétuel-Secours et a créé un comité de sauvegarde de cet édifice. Il a cherché des sponsors, des artisans du bâti (menuisier, ardoisier, restaurateurs). Grâce à la bonne volonté et la générosité du voisinage et artisans locaux, la toiture a été entièrement refaite à l’identique, les portes ont été restaurées ainsi que les tableaux, les statues et le vitrail. Les murs ont été repeints, l’autel et les pierres ont été nettoyés. Depuis la fin de sa restauration en 2016, l’édifice est très bien entretenu par les villageois.

Chapelle Notre-Dame du Perpétuelle secours
Chapelle Notre-Dame du Perpétuelle secours

Ce qui a amené à la restauration de l’église Saint-Aubain

Fort de cette précédente expérience de rénovation et convaincue de l’intérêt de restaurer leur patrimoine religieux, la fabrique d’église a voulu lancer une plus grande campagne de restauration en s’attaquant à l’église du village, elle aussi dans un état critique. Le plafond menaçait de s’effondrer suite à des fuites d’eau dans la toiture et la peinture vieille de cinquante ans s’écaillait de plus en plus. Ainsi en 2020, professionnels et bénévoles se sont lancés durant huit mois dans des travaux intensifs : d’abord la réfection de la toiture, ensuite le nettoyage des boiseries et des pierres tombales puis la restauration des dorures et des peintures.

Cette église, évoquée pour la première fois dans un document daté de 1036, est bâtie en briques et pierre de Gobertange. Sa construction a connu plusieurs phases : le chœur gothique au 16e siècle, la nef de 1738 et pour finir la tour en 1864. Aujourd’hui, elle s’est parée de nouvelles couleurs pour le plus grand bonheur de ses paroissiens et visiteurs.

De la même manière que le village a pu se réapproprier sa chapelle, les travaux ont permis au villageois de retrouver leur église.

Le mobilier conservé dans l’église a aussi été restauré

Deux grands tableaux à l’huile du chœur ont été restaurés par Charlotte Duprix. Avec le temps, les toiles s’étaient assombries, recouvertes de suie et déchirées par endroit.

L’orgue a été restauré par le facteur d’orgues Etienne Debaisieux de Longueville en 2020. Du plâtre du plafond était tombé dans les tuyaux donc ce travail était inévitable.

Les pierres tombales du 16e, 17e et 18e siècles qui étaient les siècles passés incrustés dans le sol trônent aujourd’hui fièrement contre les murs intérieurs repeints de l’église. Leur nettoyage a permis de les remettre en lumière.

Découverte lors de la restauration

Pendant la phase de décroutage des murs, une fresque datant probablement du 13e siècle, conservée grâce aux couches de plâtre plus récentes, a été dévoilée. Cette peinture représente un moine en prière face à une bible. Joseph Tordoir, historien d’Incourt a averti l‘ AWaP (l’Agence wallonne du Patrimoine) qui va prochainement venir faire des prélèvements. A la suite de cette visite, il se peut que le chœur de l’église soit classé.

Une fabrique dynamique

Quelques mots pour finir sur cette fabrique d’église qui a eu le courage et la détermination de faire aboutir ce beau projet jusqu’au bout, sous l’œil bienveillant de la commune. Au cours des années précédentes, elle a fait preuve de nombreuses et de belles initiatives.

Elle a fait des démarches pour récupérer une partie de son patrimoine rassemblé sans distinction avec celui d’Incourt dans cette dernière localité.

Lors des vacances de Carnaval, certains membres de la fabrique ont réalisé des photographies pour l’inventaire. Celui-ci est déjà réalisé entièrement sur papier mais pas encore encodé dans la base de données du CIPAR mais cela est le prochain objectif en cette année 2022. La qualité de ces photos quasi professionnelles offre un bon modèle à suivre pour toutes les fabriques qui doivent se lancer dans leur recollement.

Aujourd’hui, les travaux étant terminés la fabrique réfléchit à ses prochains projets. Elle souhaiterait être plus présente sur internet (sur les réseaux sociaux ou créer un site internet). Claude Collen, trésorier de la fabrique d’église, a réalisé de très beaux films grâce à un drone mais surtout grâce à son investissement. La fabrique se questionne aussi sur la sécurité du mobilier de l’édifice.

Ils ont l’intention de créer des cartels beaux et discrets qui informeraient le visiteur du type d’objet, le nom du saint ou la fonction de ce meuble qu’ils regardent. Dans la même idée, ils aimeraient proposer des dépliants explicatifs à l’entrée.

La fabrique a une volonté très forte d’ouvrir son édifice, lieu de rencontres et de partages, tout en restant bien un lieu de culte.

Les autres illustrations sont des photos prises le 1er mai, une messe (bénédiction de l’orgue) célébrée par Monseigneur Hudsyn à l’église St Aubain à Opprebais à 10h30.

Rencontre avec Yves-Paul Muret secrétaire FE, René-Paul Malevé Président FE et Claude Collen trésorier FE que je remercie chaleureusement pour leur accueil et leur enthousiasme dans tous leurs beaux projets.

Vinciane Groessens

CIPAR - Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux