Subventions FWB : rappel et bilan des octrois précédents
Vous souhaitez introduire un dossier de candidature en vue de l’obtention d’un subside pour couvrir les frais des restaurations d’un bien mobilier religieux ? Il est encore temps ! Vous avez jusqu’au 1er mars 2026 pour le soumettre auprès de la Direction du Patrimoine Culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).
Depuis 2023, tout détenteur de biens mobiliers appartenant au patrimoine religieux déclaré auprès de la Direction du Patrimoine Culturel peut introduire un dossier de candidature en vue de bénéficier de subsides pour des traitements de préservation. Cela concerne donc également des fabriques d’église.
A titre de rappel, les interventions qui peuvent être couvertes par ces subsides sont des traitements de conservation-restauration, l’acquisition d’équipement ou la réalisation d’analyses ou d’examens contribuant à la conservation ou à la connaissance d’un bien mobilier. L’introduction d’une candidature se fait en ligne via les formulaires mis à disposition par la FWB, accessibles en cliquant ici
La FWB détaille par ailleurs toute la procédure sur son site internet.
Avant de commencer, quelques conditions préalables requises :
- Disposer d’un inventaire du mobilier à jour, intégralement encodé et validé dans la base de données du CIPAR, et transmis à la Direction du Patrimoine mobilier Culturel de la FWB ;
- Remettre un dossier relatif à un bien mobilier. Les biens immobiliers (bâtiments) et immobiliers par destination (par exemple, des lambris, jubés, etc.) n’entrent pas en ligne de compte pour cet appel.
Afin de donner un aperçu plus étendu de ce qu’entraine l’octroi de cette aide de la FWB, nous avons rassemblé quelques cas de biens mobiliers pour lesquels les fabriques d’église ont obtenu un subside.
Dieupart, église Notre-Dame, statues représentants saint Pierre et saint Paul

Dans le cadre d’une visite sur site sollicitée par la fabrique d’église, des représentants du CIPAR et du Service Patrimoine de l’évêché de l’église se sont rendus in situ durant en juillet 2025 avec un objectif : effectuer une série de constats d’état de biens mobiliers. Bien que l’accent ait été mis sur la toile du Couronnement de la Vierge peint par Gérard de Lairesse (classée Trésor exceptionnel par la Fédération Wallonie-Bruxelles), d’autres pièces ont été observées attentivement.

C’est au cours de ces observations que des attaques actives d’insectes xylophages ont été identifiées au niveau de deux sculptures monochromes placées de part et d’autre du maître-autel. Il s’agit d’œuvres en bois représentant respectivement les apôtres Pierre et Paul, datant du début du 17e siècle. Outre les attaques actives, diverses altérations ont été mises en évidence telles que la présence de poussière et de moisissures ainsi que la fragilisation de certaines zones. Après avoir discuté des possibilités de subsides, la fabrique a souhaité tenter sa chance pour obtenir un financement de la part de la FWB. Toutes les conditions étaient rassemblées, y compris celle d’un inventaire validé puisque celui de l’église de Dieupart avait été mené à bien et validé en 2021 !
Les deux statues sont actuellement en cours de restauration dans l’atelier de Christine Cession. Elles ont déjà fait l’objet d’un traitement insecticide et fongicide permettant de les assainir complètement. Des travaux de consolidations et des observations plus fines permettront peut-être de livrer davantage d’indications sur des interventions anciennes. En effet, d’anciennes photos attestent notamment la présence de rehauts dorés sur les vêtements qui semblent avoir été décapés.
Groupe sculpté représentant sainte Anne et la Vierge de l’église Saint-Nicolas, Enghien

A partir de 2021 et suite à une formation dispensée par le CIPAR, la fabrique d’église d’Enghien s’est lancée dans le récolement de son inventaire. Il aura ainsi fallu deux ans de travail et l’encodage de plusieurs centaines de fiches dans la base de données du CIPAR avant la validation finale. La réalisation d’un inventaire d’une église est souvent l’occasion pour les fabriques de redécouvrir un patrimoine familier mais aussi son état de conservation. Lors de l’inventaire, la fabrique d’église constate que certaines mesures doivent être prises pour assurer une bonne conservation des œuvres d’art. C’est le cas, par exemple, d’une collection de textiles liturgiques exceptionnelles. Il a donc fallu réorganiser l’ensemble des chasubliers des différentes sacristies de l’église Saint-Nicolas afin de permettre une meilleure conservation. Pour cette étape, la fabrique d’église a reçu l’aide du CIPAR, du service du patrimoine de l’Evêché de Tournai et de différents experts du patrimoine textile liés à l’IRPA ou doctorants de l’UCLouvain.
Lors de ces opérations, il s’est avéré que les chasubliers étaient attaqués par des insectes xylophages. La fabrique a rapidement pris les mesures nécessaires pour assurer le traitement. Lors de son récolement, elle suspectait également une attaque d’insectes xylophages sur un ensemble de statue représentant sainte Anne apprenant à la lire à la Vierge. Après confirmation par le CIPAR et le service Art, Culture et Foi du diocèse de Tournai, la fabrique d’église a commencé à consulter des conservateurs-restaurateurs pour le traitement et la restauration de cet ensemble de la fin du XVIIe siècle ou du tout début du XVIIIe siècle.

Pour assurer une partie du financement de cette restauration, la fabrique d’église décide de rendre une demande de subsides à la FWB en 2024. Cette demande est acceptée et l’œuvre peut être prise en charge par Erika Rabelo. L’intervention a permis de déceler une polychromie plus ancienne cherchant sans doute à imiter le marbre de carrare. Une anoxie statique a été réalisée pour éliminer les insectes xylophages puis l’œuvre a été dépoussiérée et la polychromie, fragile à certains endroits, a été fixée de manière temporaire. Après cette étape, le bois vermoulu a pu être consolidé ainsi que la base de la statue pour améliorer la stabilité générale de l’ensemble. La structure ayant été consolidée, la restauratrice s’est ensuite concentrée sur la surface polychromée. Cette partie consiste en un fixage définitif de la polychromie et du dépoussiérage de l’œuvre. Certaines lacunes ont ensuite été mastiquées et retouchées pour offrir davantage de cohérence à cet ensemble. Les doigts de la sainte Anne qui étaient manquants ont pu être recréés. L’œuvre a pu reprendre sa place dans l’église Saint-Nicolas le 22 novembre 2025.
Ostensoir de l’église Saint-Géry, Bouffioulx


En 2019, le CHASHa (Centre d’Histoire et d’Art Sacré en Hainaut) consacre son exposition à l’orfèvre montois, Alexandre Fonson actif entre 1697 et 1735. Chaque année, les expositions du CHASHa sont l’occasion de rassembler des œuvres provenant de différentes paroisses du Hainaut. Si certaines de ces œuvres sont régulièrement utilisées dans le cadre du culte et participe activement à la liturgie ou à des processions, d’autres sont précieusement conservées à l’abri des regards et ne sont que rarement présentés au public. Les expositions du CHASHa sont souvent l’occasion de découvrir ou redécouvrir ces œuvres et d’alerter sur les conditions dans lesquelles elles sont parfois conservées. L’ostensoir de l’église Saint-Géry de Bouffioulx fait ainsi partie de ces œuvres qui ont pu être remises en lumière. Voyant cet ostensoir rassemblé au milieu d’autres trésors produits par l’orfèvre Fonson, la fabrique d’église Saint-Géry a estimé qu’il méritait une intervention afin de lui redonner tout son éclat. Commence alors pour la fabrique d’église une véritable réflexion sur la manière de procéder avec la conscience qu’une pièce de cette qualité et de cette complexité nécessite l’intervention d’un professionnel et que ceux-ci sont rares. Aidé par la conservatrice du CHASHa, la fabrique d’église Saint-Géry commence ses recherches et ses demandes de devis. Un premier dossier est présenté à la FWB en 2023. Malheureusement, celui-ci est refusé par la commission du patrimoine mobilier car le traitement proposé est jugé trop invasif. La fabrique d’église décide alors de s’adresser à l’atelier de Dietlinde Peeters à Ath et représente une nouvelle demande de subside à la FWB en 2024. Cette dernière est finalement acceptée. Le traitement a été réalisé en 2025.
Statue d’une Vierge à l’Enfant de l’église Saint-Géry, Willemeau


En 2023, le sacristain de l’église Saint-Géry de Willemeau signale à la fabrique d’église l’état préoccupant d’une statue d’une Vierge à l’Enfant présentée dans le transept nord de l’église. La statue en bois du XVIIe siècle qui présente une polychromie sans doute de la fin du XIXe siècle est attaquée par des insectes xylophages. Le constat est alarmant : outre un encrassement généralisé de la polychromie, les galeries creusées par les insectes ont fragilisé certains éléments de la sculpture. Une partie du décor sculpté comme les volutes ou les guirlandes présentent sur le socle ont déjà entièrement disparu sous l’action des insectes xylophages. La statue est rapidement prise en charge par le CHASHa à l’été 2023 pour un traitement par anoxie statique. Cette intervention ne suffira pas pour pouvoir réinstaller l’œuvre dans l’église, la statue reste trop fragile pour pouvoir être transportée à nouveau et exposée. Une intervention plus importante sera nécessaire. C’est grâce au soutien administratif du service Art, Culture et Foi du diocèse de Tournai et au soutien financier de la FWB que la fabrique d’église a pu mener à bien son projet de restauration. Ces démarches prennent néanmoins du temps, plus de deux ans se sont écoulés entre l’alerte sur l’état de conservation de la statue et son retour dans la communauté des paroissiens de l’église Saint-Géry de Willemeau.
Contacts :
Pour le CIPAR : info@cipar.be
Pour les services diocésains du patrimoine de chaque évêché, rendez-vous ici.
Pour la Fédération Wallonie-Bruxelles : patrimoine.mobilier@cfwb.be
Maura Moriaux et Samuël Christiaens