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NOUVELLES FICHES : Solutions – aménagement d’un édifice patrimonial dans le cas d’une inondation

Publié le 07/05/2026

Nous sommes heureux de vous présenter de nouvelles fiches réalisées dans le cadre du projet CHrisis : Protecting Heritage in Crisis Situation (CHrisis: Protecting Heritage in Crisis Situations | KIKIRPA) en collaboration avec le CIPAR et Buildwise. Elles ont pour objet d’aider les gestionnaires d’édifice patrimonial sur les manières de protéger leur bâtiment contre une future inondation. Les moyens concrets à mettre en œuvre sont présentés sous forme de fiches explicatives. Un travail de réflexion doit être effectué en amont pour diminuer l’impact d’une future inondation. 

Les fiches qui suivent reprennent une série de solutions 1 pour aider à l’établissement d’un plan d’urgence personnalisé, en fonction des moyens financiers du projet de restauration et des singularités de chaque édifice.
Deux stratégies peuvent être adoptées pour limiter les dégâts causés par une inondation : la stratégie de « résistance » et de « résilience ». La stratégie de résistance consiste à bloquer l’entrée de l’eau dans l’édifice, principalement par l’installation de batardeaux dans les seuils d’entrée du bâtiment et l’aménagement des abords. Il est possible d’empêcher l’eau de rentrer dans un édifice jusqu’à 70 cm de hauteur. Au-delà de ce niveau, il est déconseillé de retenir l’eau à l’extérieur pour plusieurs raisons :
- Pour des raisons de sécurité ; il est toujours possible d’enjamber facilement un panneau plus petit ou égal à 70 cm de haut 2.
- L’eau exerce des pressions trop conséquentes sur les parois et peut créer une défaillance structurale des façades 3.
- L’eau retenue à des hauteurs plus importantes risque de faire céder le panneau, créer une vague puissante et engendrer de nombreux dégâts matériels à l’intérieur du bâtiment.

Cette approche de résistance ne peut être efficace que si l’entièreté du bâtiment est inspectée et adaptée. L’installation de batardeaux au niveau des entrées ne sert à rien si les autres ouvertures ne sont pas bloquées, à savoir, les canalisations, les soupiraux et autres ouvertures de caves, mais aussi les éventuelles infractuosités dans la paroi. L’étanchéité du bâtiment doit être pensée dans sa globalité, en veillant à ce qu’aucune cavité visible puisse laisser passer l’eau. Il est quasiment impossible de garantir une étanchéité totale d’une paroi puisqu’il existe toujours des microfissures, notamment dans l’interface entre les éléments de maçonneries et le mortier de joint. L’opération de rebouchage de joints manquants sur tous les murs extérieurs est néanmoins essentielle, autant pour améliorer l’étanchéité du mur contre les pluies battantes, que pour ralentir la progression de l’eau d’une inondation dans la maçonnerie. Lors d’une inondation, la maçonnerie va absorber l’eau, mais elle va pouvoir l’évacuer plus facilement si le mortier de joint est poreux et respirant. C’est pourquoi, il est nécessaire d’employer un mortier de joint à base de chaux pour la restauration de façade des bâtiments historiques ; ce matériau garanti un échange d’humidité et de l’air entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment. Dans le cas du bâti ancien, il est déconseillé d’employer du ciment qui donne un mortier de rejointoiement trop dur et qui manque de porosité 4.

La stratégie de résilience, quant à elle, consiste à adapter l’intérieur du bâtiment dans le cas où l’eau d’une future inondation atteint un niveau trop élevé (70 cm) et entre dans l’édifice 5. Il s’agit donc d’une stratégie pour limiter l’intensité des dégradations occasionnées par l’eau. Dans le cadre de la restauration d’un édifice, cela concerne donc la sélection de matériaux de restauration résilients qui tolère une immersion à l’eau, sèchent facilement et limitent l’ampleur des traitements post-inondation. Tous les objets sensibles doivent être placés à une hauteur suffisante. Les planchers et mobiliers susceptibles d’être immergés, ne doivent pas être sensibles à l’eau. Il est aussi préférable que la nouvelle installation électrique(câbles, prises, interrupteurs) et les appareilles électro-ménagers soient surélevésà 1,5 m 6. De plus, lors de la restauration, l’intégration d’un système permettant une ventilation naturelle aisée sera privilégiée.

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IRPA


1 Pour plus d’informations, consulter la base de données « Buildwise – Produits anti-inondation » (https://airtable.com/shrwdJ8aPa6R2yqMW/tbl8DqjOkt2zGpxwY).

2 DELMÉE, H., ESCOUFLAIRE, C., PIERARD, A., 2014, Inondations – Réduire la vulnérabilité des constructions existantes, Namur, SPW-DGO4, p. 26, https://inondations.wallonie.be/files/documents_a_telecharger/GISER/SPW_TLPE_guide_inondations.pdf.
3 VAN ITTERBEECK, P., 2021, « Comment protéger au mieux les bâtiments existants contre les inondations ? », CSTC Contact - Edition spéciale : Inondations, n°5, p. 12.

4 DE PIERPONT, J., ALGROS, J-J., 2016, Enduit, rejointoiement, badigeon, Fiche 15, Institut du Patrimoine wallon/École d’Avignon, Namur, p. 9.
5 BORSUS, W. (dir.), 2021, « Circulaire relative à la construction en zone inondable », DG04 - Namur, p. 23, (https://inondations.wallonie.be/files/documents_a_telecharger/Urbanisme/circulairerelative-a-la-constructibilite-en-zone-inondable.pdf).
6 https://www.gov.uk/guidance/adapting-your-home-or-business-to-the-risk-of-flooding.

 

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