La Chandeleur ou fête de la Présentation au temple

Jacques Daret, la présentation au temple

En cette période hivernale, viendra bientôt le jour de la Chandeleur et des crêpes ! C’est l’occasion de revenir sur l’origine et le sens de cette fête.

Saint Luc nous raconte que, quarante jours après la nativité, quand les jours de leur purification furent accomplis, Joseph et Marie portèrent l’Enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Lc 2, 22-35). Selon la loi de Moïse, tout garçon premier né devait être consacré au Seigneur. Cet événement rituel va prendre une allure prophétique avec la rencontre de Syméon, ce vieillard qui attendait d’avoir vu le Messie pour mourir. Syméon va reconnaître en Jésus la Lumière qui éclaire les nations. Comme l’épiphanie, la présentation au temple a une dimension missionnaire, elle annonce le salut de l’humanité qui viendra par le Christ et en manifeste l’universalité. En clôturant le cycle de la nativité, la Chandeleur se rattache déjà au temps pascal : Syméon prévient Marie que ce salut se fera dans la douleur : Et toi, une épée te transpercera l’âme. C’est là l’origine du glaive de douleur qui est souvent représenté perçant le cœur de la Vierge au pied du calvaire.
Par sa présentation au temple, Jésus vient rencontrer son Eglise. Cette fête doit aussi être comprise comme une rencontre, une nouvelle alliance entre le Christ et son Eglise, entre Dieu et son peuple.
La fête de la purification de la Vierge – c’est son ancien nom – fut instituée au Ve siècle à Rome par le pape Gélase. Il voulut remplacer l’antique célébration des lupercales où le peuple romain vénérait ses morts à grand renfort de cierges. En conservant les rites, l’usage des chandelles, mais en leur donnant une signification nouvelle, la célébration du Christ Lumière, l’Eglise parvient à s’implanter en profondeur sans bouleverser les habitudes des populations. C’est bien sûr du mot chandelle que dérive le nom Chandeleur donné à cette fête.
Dans nos régions, les Celtes organisaient également des réjouissances à la fin de l’hiver pour célébrer le retour de la lumière. Au moment où les jours s’allongent, fêter la lumière, entre autre par des grands feux, constitue un appel à la fécondité de la terre et du bétail. C’est tout naturellement que la Chandeleur, fête de la purification mais aussi de la lumière, a trouvé sa place dans le calendrier la veille de la fête de sainte Brigide, priée pour la santé du bétail, et l’avant-veille de celle de sainte Agathe, patronne de la fécondité. En ce début de février, c’est un appel au renouveau, une nouvelle naissance à la vie.
Si le rapport entre les notions de lumière, purification, fécondité, feu ou encore printemps semble clair, celui avec la tradition des crêpes l’est moins. Elle se justifie peut-être par la reprise de la ponte des poules. Mais nous n’approfondirons pas cette question, nous nous contenterons de déguster nos crêpes avec gourmandise.

A la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur.

Christian Pacco

Arrêt sur image:

Jacques Daret, La Présentation au temple, 1435, Paris, Musée du Petit Palais
La scène se passe dans un édicule octogonal, autour d’un autel, présage du destin sacrificiel de l’Enfant. La Vierge Marie présente le nouveau-né à Siméon. Selon la tradition orientale, celui-ci a les mains voilées en signe de déférence. Derrière lui se tient Anne, la prophétesse, coiffée d’un turban. Au premier plan, Joseph tient en main une colombe, signe de pureté.
Les quatre chapiteaux des colonnes qui referment l’édifice à l’avant-plan sont illustrés de scènes de la Genèse : naissance d’Eve, Dieu montre le paradis au premier couple, Eve propose le fruit à Adam, Adam et Eve chassés du paradis. L’exégèse médiévale voit dans l’épisode de la présentation au temple la promesse d’une nouvelle alliance qui doit apporter le salut après la faute des premiers hommes.

Jacques Daret Présentation au temple