Chapelle-à-Oie : mobilisation générale pour l’église

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La population du village de Chapelle-à-Oie (l’entité de Leuze) n’a pas voulu voir disparaître son église : les Chapellois ont donc retroussé leurs manches pour sauver l’édifice. En conséquence, de gros travaux devraient commencer fin de cette année. Voici un retour sur cette belle mobilisation.

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© Émile Hayette (clochersdewallonie)

C’est l’histoire d’une petite bourgade de 350 habitants, à quelques kilomètres de Leuze, dans le pays d’Ath. Construite au milieu du XIXe siècle, l’église Sainte-Vierge partait à vau-l’eau. Au propre comme au figuré car la toiture et le clocher étaient dans un triste état, laissant passer la pluie et les pigeons…

On se trouvait donc à la croisée des chemins. Soit on considérait l’édifice comme irrécupérable : à laisser se dégrader ou à démolir. Soit on décidait de mobiliser les forces vives pour faire revivre le sanctuaire.
« A mon arrivée comme doyen, voici deux ans, j’ai découvert une petite équipe hyper-motivée qui avait décidé de mettre les mains dans le cambouis pour sauver l’église », explique l’abbé Patrick Willocq, qui ajoute : « J’ai compris leur volonté et je les ai soutenus dans leurs démarches envers les autorités. »

Des habitants unanimes
Et de fait beaucoup de Chapellois s’étaient mis en route l’année précédente pour éviter le destin funeste auquel leur église semblait promise. « Plusieurs membres de la fabrique étaient démissionnaires et nous sommes rentrés au sein du conseil », indique l’un des nouveaux membres. « D’emblée la démarche s’est voulue citoyenne, impliquant non seulement les catholiques mais aussi tous les autres habitants, quelles que soient leurs opinions. Nous avons réuni le comité de village et une cinquantaine de personnes sont venues à la réunion. On s’est présentés, expliquant ce qu’est une fabrique et notre désir de sauver l’église. Et les participants ont été unanimes : pas question de la laisser tomber. »

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Le retour des célébrations
Une équipe d’une trentaine de bénévoles s’est retroussé les manches pour nettoyer l’intérieur du bâtiment et effectuer les premiers travaux urgents : ainsi le nettoyage des abords de l’église, la restauration de la prise d’eau, la peinture de la porte principale et de la sacristie, le débouchage des descentes d’eau pluviale, la protection contre les vers des meubles de la sacristie et des escaliers, la remise en peinture de la crèche et de ses personnages, la remise en place des grilles de protection dans le clocher contre les pigeons, la création d’un nouveau plancher au niveau de la cloche,….

Cette mobilisation a permis de rouvrir l’église, fermée depuis plusieurs années. Désormais, la messe dominicale y est célébrée une fois par mois, au même rythme que les églises des autres villages. Des baptêmes, mariages et enterrements peuvent aussi s’y dérouler. Mais il ne suffit pas pour cela de donner un tour de clé dans la serrure et de sonner les cloches. En effet, des bénévoles interviennent avant chaque célébration pour nettoyer l’intérieur et faire disparaître les traces du passage des pigeons…

Les autorités publiques à l’écoute
Cependant, cette démarche citoyenne ne suffisait pas pour assurer l’avenir de l’église à long terme. Encore fallait-il obtenir l’appui des autorités communales pour l’indispensable apport financier qu’impliquait un tel sauvetage.

« Nous avons monté un dossier de 85 pages et nous avons demandé des devis à des entreprises, reprend notre interlocuteur. Nous avons rencontré les autorités communales et elles ont bien compris notre mobilisation. Bien sûr, il a encore fallu du temps et des démarches, mais cette fois on progresse puisque les gros travaux devraient commencer à la fin de cette année 2020. » Un montant de 300.000 € y sera consacré. La fabrique souligne le rôle joué par Nicolas Dumont, nouvel échevin du culte, qui a repris le dossier en mains pour le faire avancer et le débloquer.

L’église de Chapelle-à-Oie semble donc sur la bonne voie de la résurrection. Et l’un des symboles n’est-il pas le déploiement de la chorale de Blicquy, le village voisin ? Les forces vives des deux bourgades unissent désormais leurs forces – et leurs voix – pour chanter dans les deux églises. Une avancée significative sur la voie de la future paroisse nouvelle…

Source : Diocèse de Tournai