Que célébrons-nous à l’Ascension ?

Ascension_Missel romain

Cette année, nous fêtons l’Ascension le jeudi 21 mai. Rappelons-nous ce que signifie cette fête et qu’est-ce que les Évangiles nous en disent ?

Aux origines de la célébration
Nous fêtons l’Ascension, c’est-à-dire la montée de Jésus au ciel, quarante jours après la fête de Pâques. Le mot « ascension » vient du latin ascendere qui signifie monter. En effet, après être ressuscité, Jésus rejoint Dieu son Père dans le domaine divin. Il apparaît pour la dernière fois sur Terre au Mont des Oliviers à Jérusalem ; c’est donc l’adieu à ses disciples et la fin de sa présence physique. Cette fête symbolise ainsi un nouveau mode de présence du Christ à la fois toute intérieure, universelle et hors du temps. Il reste présent par ses sacrements et, plus particulièrement, par l’Eucharistie.
Cet épisode mystérieux est raconté dans les évangiles de Marc et Luc et les actes des Apôtres. (Les Actes des Apôtres 1, saint Marc 16,19, saint Luc 24, 50-53).
Dans la Bible, « monter aux cieux » signifie entrer dans la gloire et l’amour de Dieu. L’image du ciel est utilisée pour situer le royaume invisible de Dieu, cela implique que c’est ailleurs et vaste. Dès lors, c’est aux disciples d’agir sur terre et d’aller désormais annoncer la Bonne Nouvelle.
Dès le IVe siècle, à Jérusalem, on fêtait l’Ascension en faisant un pèlerinage vers le mont des Oliviers. De nos jours, dans nos églises, nous fêtons chaque année la montée aux cieux de Jésus. Cette fête tombe toujours un jeudi puisque l’Ascension est célébrée quarante jours après le dimanche de Pâques. Très souvent, les paroisses choisissent ce jour pour que les enfants reçoivent pour la première fois le sacrement de l’Eucharistie.

Des représentations iconographiques présentes dans nos églises paroissiales
Cet épisode est illustré dans les œuvres et les objets religieux conservés dans les églises paroissiales wallonnes. En exclusivité, découvrons une sélection d’objets issus d’églises paroissiales wallonnes qui illustrent ce moment-clé du Nouveau Testament.

Peintures
En ce qui concerne les peintures, nous en répertorions deux à l’huile et encadrées, ainsi qu’une fresque.
La première est une œuvre peinte par un certain A. Durondeau, datée de 1898, qui représente Jésus-Christ, seul et de pied. Il occupe la totalité de la toile. Le peintre a choisi de centrer son œuvre sur la montée de Jésus au ciel représenté par les nuages. Il est habillé d’un lourd vêtement pourpre. Son visage est auréolé de lumière. Ses deux bras sont écartés et ses pieds donnent une impression d’élévation.

Peinture_ascension

La deuxième peinture est divisée en deux parties distinctes. Celle du haut est lumineuse, légère et claire alors que celle du bas est chargée et sombre.
La partie du haut est occupée en son centre par Jésus, vêtu d’un linge blanc, qui semble s’envoler au-dessus des épaules de deux anges également vêtus de blanc. Jésus a son bras gauche tendu vers le Ciel, comme s’il était aspiré vers le Royaume de Dieu. Les rayons du soleil traversent les nuages et baignent le Christ et les anges dans une lumière intense. Cette lumière vient du ciel et émane donc du royaume de Dieu. Les anges s’adressent au groupe du dessous en montrant du doigt le Christ élevé en gloire et le ciel, maison divine vers laquelle il se dirige.

Tableau Ascension

Dans le bas du tableau se distingue une colline dissimulée quasi entièrement par le groupe des apôtres. Tous sauf un regardent vers le ciel, certains avec un bras tendu d’autres agenouillés et les mains jointes, les uns avec un regard effaré, d’autres avec un regard plutôt surpris. L’image se rapporte à l’épisode : « Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, …. » Évangile selon Saint-Luc, 24, 50.

Le tableau est donc organisé en deux parties séparées horizontalement au centre. Néanmoins, par un jeu de gestes et de regards, le Christ, les anges et les apôtres sont reliés. De la même manière, comme le Christ attire le regard des apôtres vers lui, le nôtre est également capté vers lui et les Cieux.

Bannières de procession et étendards
Le thème est également repris sur des bannières de procession et des étendards.
Étudions, en premier, un étendard qui représente l’Ascension avec un Christ habillé en bleu et rouge, debout, bras tendus vers le ciel, paumes des mains ouvertes. Il est possible que la présence de la Vierge parmi les apôtres sur cet étendard soit empruntée à la Pentecôte où elle est spécifiquement mentionnée. Ils ont le regard tourné vers Jésus qui monte dans le ciel.
L’image représentée sur un autre étendard évoque l’Ascension du Christ dont on ne voit plus que les pieds et leurs traces sur la colline qu’entourent les apôtres et, à nouveau, la Vierge.

                            
Bannière de procession et étendard, provenant tous deux de l’église Saint-Loup de Namur.

Vitraux
Cet épisode de l’Évangile est aussi représenté sur des vitraux. Le premier est composé d’un cadre avec des anges sur le pourtour tandis que des personnages ornent le bas. Jésus est au centre, grand, avec les bras tendus formant une croix latine.
Le deuxième vitrail présente l’Ascension sur une petite partie. On y voit le Christ en Majesté bras vers le Ciel et les apôtres à ses pieds.

       

Gravure
L’inventaire nous offre aussi l’opportunité d’admirer un bel exemplaire du domaine des arts graphiques, comme l’illustre ce missel de 1663, imprimé à Anvers. La Vierge est également présente parmi les apôtres sur cette œuvre.

Missel romain

Orfèvrerie
Dans l’orfèvrerie, les représentations iconographiques historiées sont plus rares mais quelques exemplaires font exception, comme ce calice réalisé à Paris en 1857. Le pied de l’objet en argent et vermeil évoque cet épisode biblique de façon détaillée.

Calice de Beaufays
Calice de Beaufays

 

Calice de Beaufays_détail
Détail du calice de Beaufays

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vinciane Groessens