saint Nicolas, patron des écoliers

Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, connu sous le nom de saint Nicolas, est un personnage populaire dans la religion chrétienne. Sa commémoration le 6 décembre, date présumée de sa mort, est une fête importante dans de nombreux pays, dont le nôtre. À la Saint-Nicolas, la tradition veut que les enfants sages reçoivent des friandises et des cadeaux. Ceux qui n’ont pas été sages se voient offrir une remontrance par le père Fouettard.

Que sait-on sur la vie de saint Nicolas ?

Une nette disproportion se remarque entre ce qu’on sait de sa vie, c’est-à-dire à peu près rien, et son culte, quant à lui très développé. Nombreux récits du Moyen- ge et contes populaires reprennent une série d’événements prodigieux qui lui sont attribués.

Selon les historiens, Nicolas est né à Patare, au sud de l’Asie Mineure, aux alentours de 260 après Jésus-Christ. Fils d’une riche famille chrétienne, il devient orphelin à la suite d’une épidémie de peste, à l’âge de vingt ans. A la tête d’une immense fortune, il décide de consacrer la majeure partie de son héritage à aider les plus démunis.

Sans avoir été préalablement prêtre, il devint évêque de la ville de Myre en Asie Mineure. Sous l’empereur romain Dioclétien, il est emprisonné et torturé. Il est libéré vers 313, sous l’empereur Constantin, et a alors repris directement son rôle d’évêque. Il a continué à porter secours aux affamés, aux malades et aux orphelins.
En 325, Nicolas a participé activement au Concile de Nicée. Il y joua un rôle important dans la lutte contre l’hérésie “arianiste”. Un an avant sa mort, il fit démolir le temple d’Artémis de Myre réputé pour des pratiques de sorcellerie qui terrorisaient les chrétiens et païens. Il serait mort dans les années 330.

Sa vie réputée exemplaire, le fit rapidement proclamer saint, et un culte se développa, l’un des plus importants et des plus populaires de la chrétienté.

Jusqu’au XIe siècle, ses ossements étaient conservés dans une église de Myre. Ils avaient, dit-on, la particularité de suinter une huile sacrée. Ce phénomène prodigieux connu partout en Europe attira soixante-deux marins audacieux venus de Bari, qui volèrent et ramenèrent les reliques du saint la nuit du 9 mai 1087 dans leur ville, en terre chrétienne. Une basilique lui est spécialement construite entre 1089 et 1197.

 

Quels miracles sont attribués à saint Nicolas?

Selon les récits, saint Nicolas serait l’auteur de plusieurs bonnes actions, parmi elles,

  • il a sauvé trois jeunes filles, condamnées à se prostituer, leur père étant incapable de leur offrir une dot de mariage. Nicolas, apprenant cette triste histoire, aurait jeté des bourses pleines d’argent dans leurs bas qu’elles avaient mis à sécher sur la cheminée. C’est en souvenir de ce geste qu’à la Saint-Nicolas, les enfants reçoivent une orange, anciennement appelée pomme d’or ;
  • il sauva la vie de trois jeunes gens accusés à tort d’avoir été à l’origine d’une grave émeute à Andriake, port tout proche de Myre, et injustement condamnés à mort par un juge corrompu.
    il sauva des marins en péril dans une tempête qu’il calma en faisant jeter à la mer une huile ensorcelée ;
  • il prit la défense de trois officiers (Népotin, Erpilion, Ursus), condamnés à mort, accusés d’avoir comploté contre l’empereur. Nicolas s’adressa directement à Constantin avec une plaidoirie très convaincante qui démontra l’innocence des officiers et la perfidie de leurs accusateurs ;
  • il ressuscita trois enfants tués par un boucher qui les avait mis dans un saloir. (Cette histoire est reprise dans la légende dorée du XIIIe siècle) ; « Ils étaient trois petits enfants qui, s’en allaient glaner aux champs » comme dit la chanson. Perdus, ils demandent l’hospitalité chez un boucher qui ne trouve rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir. Le Bon saint Nicolas vient à passer sept ans plus tard et demande à son tour l’hospitalité. Il insiste pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s’enfuit et saint Nicolas ressuscite les trois enfants.

Ce dernier miracle connaît différentes versions. Une légende raconte que trois étudiants en route pour Alexandrie furent assassinés par un aubergiste qui s’empara de leurs biens et dissimula leur corps dans un saloir. Mais Nicolas qui connaissait les jeunes gens s’inquiéta de leur disparition. Après les avoir retrouvés, il les ramena à la vie et convertit l’aubergiste.

Son patronage sur les enfants parait reposer sur une erreur de la piété populaire. Il est fort probable, en fait, que ce soit la légende qui transforma les trois officiers en trois enfants. Saint Nicolas était, à l’origine, représenté à côté d’un tour tronquée pour que l’on voit le contenu : la tête et le buste des trois officiers. La tour fut prise pour un baquet et les officiers pour des enfants.

Quand commence le culte de saint Nicolas ?

Le culte de saint Nicolas se développa considérablement en Occident à partir de 1087, date à laquelle ses reliques sont amenées à Bari. Des pèlerinages, qui attirent les foules, sont dès lors organisés.

Les Normands qui occupent au XIe siècle l’Italie du Sud et la Sicile vont ramener le culte vers la Normandie. De là, le culte se diffuse largement dans les pays du nord.

Comment fête-t-on saint Nicolas en Belgique ?

En Belgique, le 6 décembre, la fête de Saint Nicolas est l’un des événements les plus importants pour les petits Belges. Les enfants remplissaient, jadis, un sabot de foin pour le cheval blanc du saint et on le laissait devant la cheminée. Au matin, ils trouvaient leurs sabots remplis de friandises.
En Wallonie, saint Nicolas est aidé par un âne magique pour porter les jouets.

De nos jours, en Flandre, Sinterklaas vient en bateau d’Espagne accompagné de son cheval blanc. Il défile dans les rues des grandes villes, accompagné du Père Fouettard, en distribuant des friandises et des spéculoos aux enfants.

Le jour où se déroule la fête, les enfants découvrent à leur lever, un jouet, des bonbons et des spéculoos en forme de saint Nicolas. Dans les écoles, il est fréquent que les élèves reçoivent soit un cadeau soit un paquet de bonbons.

Certaines entreprises distribuent le 6 décembre un petit colis (speculoos, chocolat et mandarine) à leur personnel. Il s’agit également d’une fête d’étudiant avec un grand cortège à Liège et à Namur.

La fête de saint Nicolas est également célébrée au Luxembourg et au Pays-Bas, en Allemagne, Autriche, France, Croatie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Lituanie, Roumanie, Royaume-Uni, Ukraine, Serbie, Suisse. Chaque région apporte ses particularités à la fête mais le trait commun entre toutes, ce sont les cadeaux et les friandises pour les enfants.

Dans tous ces pays, la dévotion à saint Nicolas ne décroît pas. Mais le saint affiche, actuellement, un double visage, en se laïcisant, il devient un pourvoyeur de cadeaux ou de fessées, évolution poussée par le siècle même et ses choix éducatifs. Même s’il garde la mitre, quelques fois de travers sur les images, l’âne, son accointance avec le Père Fouettard font perdre à saint Nicolas toute sainteté.

De qui est-il le saint Patron ?

Saint Nicolas est le protecteur des

  • écoliers ;
  • étudiants ;
  • universitaires ;
  • clercs ;
  • célibataires ;
  • couples désirant un enfant ;
  • marins ;
  • charpentier de bateaux ;
  • voyageurs et pèlerins ;
  • avocats ;
  • tonneliers ;
  • brasseurs ;
  • contre les voleurs ;
  • marchands (d’huile) ;
  • apothicaires ;
  • épiciers ;
  • grainetiers ;
  • meuniers ;
  • boulangers ;
  • bouchers ;
  • marchands de vin ;
  • mineurs ;
  • prisonniers ;
  • gens faibles ;
  • veufs ;
  • de la Russie (convertie à la foi chrétienne) ;
  • de la Lorraine ;
  • de la ville de Houilles ;
  • de la ville de Fribourg ;
  • de la ville de Bari en Italie ;
  • de l’île de Terre-de-Bas aux Saintes ;
  • de l’Université de Valladolid en Espagne.

En Wallonie, cinquante-six églises paroissiales portent son nom de même qu’un village dans le pays de Liège. Le prieuré Augustin d’Oignies près de Tamines fondé à la fin du XIIe siècle lui fut aussi dédié.

Comment le représente-t-on ?

Saint Nicolas est le plus souvent représenté avec ses habits d’évêque, avec à ses pieds, le “baquet aux trois petits enfants”, histoire qui a le plus ému la piété populaire.
Dans les variantes de cette représentation, les petits garçons sont remplacés dans le saloir par trois jeunes filles (rappel de l’histoire de la dot) ou par trois officiers. Le cuveau est parfois remplacé par un bateau. La dernière variante présente les trois enfants sans le baquet.
Dans de plus rares cas, le saint tient en main trois bourses ou trois boules d’or figurant les trois dots. Ce dernier thème est privilégié dans l’iconographie allemande et italienne.
Sur certaines images, un bateau à côté de lui fait référence à l’équipage en péril qu’il a sauvé d’une grosse tempête.
Il est parfois en présence de prisonniers pour évoquer l’histoire des trois officiers injustement accusés.

Dans quelques rares exemples, l’artiste a décidé de dépeindre le jeûne de saint Nicolas qui repousse le sein de sa nourrice, saint Nicolas distribuant le pain ou encore soignant les malades.

Les représentations depuis le XXe siècle le montrent toujours comme un aimable vieillard avec une longue barbe blanche. Ce qui malheureusement le fait souvent confondre avec le Père Noël. Cependant, au contraire de son compère, il est vêtu des habits sacerdotaux d’un évêque, la crosse à la main gauche et bénissant de la droite, avec à ses pieds le cuveau d’où émergent les trois enfants ressuscités.

Vinciane Groessens