Icône byzantine récemment classée

Une Icône byzantine en mosaïque et son coffret gothique conservés à la Collégiale Saint-Pierre et Saint-Paul à Chimay ont été classés par la Fédération Wallonie-Bruxelles le 4 octobre 2021. Apprenons-en plus sur cette pièce d’exception.

Datant de la première moitié du XIVe siècle, l’icône dite « de Chimay » fait partie des mosaïques dites « portatives » et figure parmi les plus petites icônes en mosaïque conservées à ce jour. Elle a été offerte en 1475 par le pape Sixte IV à Philippe de Croÿ, comte de Chimay et ambassadeur des ducs de Bourgogne. Elle est accompagnée d’un cadre et d’un coffret en argent massif portant les armoiries de Philippe Ier de Croÿ.

Composées de minuscules tesselles de cuivre doré, de marbre, de verre, de pierres précieuses multicolores, parfois d’or et d’argent, fixées à la cire sur un support de bois, l’icône de Chimay représente le Christ Pantocrator, bénissant de la main droite et tenant le livre des évangiles de la main gauche.

L’auteur anonyme a fait preuve d’une grande maîtrise technique. Son œuvre est assez différente des autres du « corpus » des icônes mosaïques ce qui la rend remarquable. Une grande douceur se dégage de l’image. 

La production de ce type d’icône a connu un large développement au XIIIe siècle jusqu’à la seconde moitié du XIVe siècle. Elles étaient certainement destinées à la dévotion privée comme en attestent leur thème iconographique et leurs petites dimensions.

Le coffret d’argent massif, de forme rectangulaire est décoré au centre de son couvercle par un écu émaillé aux armoiries de Philippe Ier de Croÿ, deuxième comte de Chimay. L’écu est entouré du collier de l’ordre de la Toison d’or. Ce travail d’orfèvrerie exceptionnel nous prouve la préciosité de l’objet qui y était conservé aux yeux de celui qui l’avait reçu en cadeau. L’ensemble formé par l’icône et son coffret, d’époques différentes, est un exemple rare, si pas unique.

Le classement de l’icône byzantine en mosaïque du Christ Pantocrator et de son coffret comme trésor de la Communauté française de Belgique se base sur quatre critères : leur rareté, leur bon état de conservation, la grande qualité et l’originalité de leur conception et de leur exécution, l’une constantinopolitaine, l’autre hainuyère, ainsi que leur lien étroit avec, d’une part, l’histoire de l’art (rayonnement byzantin sur l’Europe occidentale, plus spécialement à l’époque tardo-médiévale) et, d’autre part, l’histoire de Chimay et des relations diplomatiques entre les Croÿ et la papauté.

Fédération Wallonie-Bruxelles

Rappelez vous, on vous avait déjà parlé de cette ouvre, elle faisait partie jusqu’à hier de l’exposition à Beaune