Retour sur la journée de formation des EAP à Soignies

Fleurs et cierge pascal

Ce samedi 23 mars, plus de 200 personnes se sont retrouvées au Collège Saint-Vincent de Soignies pour une journée de formation sur le thème « Ces églises qui font l’Eglise ».

Après l’accueil et un temps de prière, la matinée fut animée par Mgr Laurent Ulrich, archevêque métropolitain de Lille. De cet exposé très riche, nous pouvons retenir quelques points :

• Les églises doivent redevenir des lieux vivants même si la messe n’y est pas célébrée tous les dimanches. Il est essentiel de continuer à célébrer l’eucharistie dans nos églises mais elles ne sont pas réservées aux catholiques pratiquants, elles doivent être ouvertes pour tous ceux qui veulent y entrer. On peut y organiser des temps de prière, des partages d’évangile, des moments adaptés aux différents âges, ou encore prévoir, dans le temps de préparation aux sacrements, des passages à l’église afin de montrer que le culte est toujours bien vivant.

• L’église est la maison de rencontre pour tous les peuples. Chacun peut y vivre une expérience spirituelle. Notre devoir est de mettre les églises à disposition de tous, du peuple croyant, chrétien et du peuple de ceux qui ont une autre croyance ou pas mais qui ont le désir de vivre droitement.

• L’aménagement doit être réfléchi afin d’être signifiant. L’autel est le lieu vers lequel tous les regards convergent car il est le signe véritable de la présence permanente du Christ au monde dans lequel nous vivons. Les temps forts de l’année liturgiques des périodes pendant lesquelles les visites à l’église sont plus nombreuses sont propices à la mise en valeur d’éléments particuliers : la crèche à Noël, la croix pendant le carême… Il est aussi important d’associer des artisans locaux, des écoles à cet aménagement pour permettre à chacun d’entrer dans la signification profonde d’une église.

Mgr Ulrich, archevêque de Lille

Après cet exposé, les participants se sont retrouvés en carrefours pour partager leurs réflexions sur l’exposé et parler de leurs expériences. Ils purent ensuite poser une question à Mgr Ulrich. Les questions traduisaient l’inquiétude des participants quant aux dégradations et autres actes de malveillance que l’ouverture des églises peut engendrer. Elles portaient aussi sur le partage des lieux avec d’autres croyants et sur les limites de mise à disposition des églises pour des activités culturelles.

A la question concernant les dangers de dégradation ou de malveillance, Mgr Ulrich répondit qu’une église ouverte était souvent « auto-surveillée » et qu’il est souvent plus facile que ce qu’on peut croire de trouver des personnes pour assurer une présence dans l’église. Pour tous les projets, il insista sur la nécessité d’un discernement préalable. Il est essentiel pour le responsable pastoral de rassembler le maximum d’acteurs – l’EAP, les fabriques,… – avant de décider.

Regards croisés sur l’église

L’après-midi fut consacré à des aspects plus particuliers, avec quatre courts exposés.

Nous avons tout d’abord entendu le témoignage de M. René Popeler, fabricien de l’église Saint-Antoine à La Louvière-Bouvy. Dans cette église, la décoration est très dépouillée afin que le regard se focalise sur le chœur, l’autel et le tabernacle. L’espace est organisé en différentes zones avec des éléments amovibles qui peuvent être facilement déplacés selon l’événement organisé.

Loris Resinelli, responsable du SAGEP, rappela les obligations légales qu’une fabrique d’église doit respecter ainsi que les contraintes du processus du financement. Si la communauté se désintéresse de son église, a-t-il rappelé, le pouvoir communal sera réticent au niveau financier. Les Equipes d’Animation Pastorale et les fabriciens doivent donc travailler ensemble et imaginer ce qui peut faire vivre nos églises.

Pour l’abbé Paul Druet, « l’art est un moyen de nous mener à Dieu et de nous le faire découvrir ». Le troisième intervenant nous fit découvrir l’intérieur et les aménagements de plusieurs édifices dont il fut le pasteur, notamment la basilique de Notre-Dame de Tongre.
Dans le dernier exposé de l’après-midi « Penser le local dans la dynamique d’ensemble d’une paroisse nouvelle », l’abbé Jean-Pierre Lorette rappela que dans le cadre d’une paroisse refondée, les clochers doivent faire preuve de créativité et s’adapter à la situation nouvelle. Il termina en nous exhortant à réfléchir aux opportunités que nos églises peuvent nous offrir tout en gardant à l’esprit les contraintes légales.

La journée, riche en réflexions théoriques et en pistes concrètes, se termina par un mot de conclusion et d’envoi de Mgr Guy Harpigny, qui remercia les membres des EAP et les encouragea à poursuivre leur mission pastorale, avec le souci de l’ensemble et le respect de chaque clocher.

Myriam Gandibleu

Pour aller plus loin, des documents et des réflexions sont disponibles sur le site du diocèse de Tournai