Trésors d’églises, églises à trésors. Un réseau pour valoriser le patrimoine exceptionnel de nos églises

Les églises de Wallonie conservent un patrimoine d’une grande richesse. Assurer la conservation et la valorisation de ces trésors représente un défi pour les gestionnaires d’églises qui sont tous, rappelons-le, des bénévoles. Les nombreux échanges entre le CIPAR, les fabriques d’églises et d’autres acteurs liés au patrimoine religieux ont fait progressivement émerger l’idée de constituer un réseau des « églises à trésor ». L’objectif est de se rassembler pour mieux répondre à ce défi. Une première rencontre a eu lieu cette année.

Trésors d’églises : de quoi s’agit-il ?
Au sens historique, un trésor de sanctuaire est une réunion d’objets mobiliers considérés comme précieux et destinés à l’exercice et à l’ornement du culte, ainsi qu’à la vénération des reliques. Plusieurs « grands » trésors sont mis en valeur dans des espaces d’exposition (Mons, Liège, Huy, Namur, Nivelles, …). La caractéristique essentielle d’un trésor est son lien intrinsèque avec l’église qui l’abrite ; il matérialise la mémoire du lieu et de la communauté qui lui est liée. Mais le terme « trésor » peut prendre d’autres significations. Pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, un trésor est un bien mobilier considéré comme exceptionnel et classé afin d’en assurer la protection. Environ un tiers des biens mobiliers classés comme Trésors par la Fédération sont conservés dans les églises.

Nivelles, collégiale Sainte-Gertrude.

Pour l’Église, les trésors représentent un enjeu important en matière de valorisation des objets de culte et de conscientisation à leur signification ; qu’ils soient encore utilisés dans le cadre du culte ou pas, tous les objets « trésors d’églises » constituent des témoins de la foi chrétienne et de son histoire. Ils constituent un patrimoine vivant, dans la mesure où ils peuvent susciter aujourd’hui étonnement et admiration. Certains, comme les châsses reliquaires portées en procession, ont des sens très forts et multiples pour les communautés qui y sont attachées.

Tournai, cathédrale Notre-Dame, châsse de saint Eleuthère.

Un constat
La conservation et la valorisation des trésors d’églises requièrent des moyens humains et financiers importants, souvent difficiles à trouver et à pérenniser. De bonnes conditions de conservation ne sont pas simples à assurer et suscitent beaucoup de questions. Bien sûr, les trésors d’églises sont loin d’être délaissés ! Mais contrairement aux musées où les réseaux sont bien présents, en ce qui concerne les trésors d’églises, les personnes ne se connaissent pas toujours, les projets sont relativement isolés. Le grand public a encore trop souvent une image « poussiéreuse » des trésors d’église et celle-ci peine à se renouveler. Par ailleurs, certaines fabriques détentrices de biens classés se sentent un peu dépassées par la tâche.

Biens publics d’exception, les trésors peuvent constituer un pôle d’attraction impressionnant. Ces richesses ne sont pas encore suffisamment mises en valeur. Ainsi, les grandes châsses-reliquaires constituent un patrimoine unique en son genre, qui n’est pas assez valorisé en tant que tel. Mettre en avant l’identité propre et les spécificités des trésors d’église permettra de les inscrire davantage dans le paysage culturel et touristique de Wallonie.

 

Huy, trésor de la collégiale, médaillon de l’Arbre de vie

(photo © KIK-IRPA, Bruxelles).

 

Un réseau, pour quoi ?
Partant de ce constat, le CIPAR a mis sur pied un réseau qui réunit à la fois les gestionnaires des églises qui conservent des objets classés comme « trésors » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et les gestionnaires de trésors au sens de collections historiques.
Le réseau sera avant tout une plate-forme de rencontre et d’entraide permettant aux membres d’échanger plus facilement expériences, ressources et tuyaux. Il participera à la valorisation des trésors par diverses initiatives en matière de promotion. Ainsi, le réseau est vu comme un outil pour renforcer l’identité « trésors d’églises », pour mieux faire connaître leurs spécificités et pour mieux valoriser l’action des gestionnaires.

 

Liège, trésor de la cathédrale.

Des projets !
Une première rencontre réunissant des fabriciens, des prêtres et des conservateurs a eu lieu en 2020. Si le projet est malheureusement pour l’instant freiné par la pandémie, les idées ne manquent pas pour le futur ! En 2021, le CIPAR consacrera une journée d’étude sur le thème des trésors d’églises, en partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’IRPA.

Une brochure promotionnelle rassemblant en coup d’œil les trésors est prévue également. À plus long terme, le CIPAR prévoit notamment une publication destinée à mettre en valeur les plus beaux trésors, en rassemblant dans un ouvrage prestigieux leur histoire et leurs pièces maîtresses.

Restez informé des suites du projet en suivant la newsletter du CIPAR : il y a toujours un trésor près de chez vous !

 

   

Houffalize, église Sainte-Catherine, aigle-lutrin

(photo © KIK-IRPA, Bruxelles).

Hélène Cambier